Bruxelles veut augmenter son budget de 9 milliards en 2013

Les services de la Commission demandent 6,8% de plus pour le budget 2013 alors que l’austérité est de rigueur aux quatre coins du continent. Les principaux contributeurs ont pourtant déjà prévenu qu’il n’en était pas question.

EURACTIV.fr
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Les services de la Commission demandent 6,8% de plus pour le budget 2013 alors que l’austérité est de rigueur aux quatre coins du continent. Les principaux contributeurs ont pourtant déjà prévenu qu’il n’en était pas question.

L’information a été révélée par Reuters. L’agence de presse s’est procurée une copie du budget prévisionnel pour 2013 concocté par l’exécutif européen. Il doit être validé officiellement aujourd’hui, mercredi 25 avril.

Selon le document, la Commission va demander une augmentation de 6,8% des ressources de l’Union européenne l’année prochaine, soit un total de 138 milliards d’euros. En cette période d’austérité généralisée, ce choix risque d’être mal compris par les citoyens, obligés de se serrer la ceinture.

Dépenses de demain

Mais pour Bruxelles, cette hausse « substantielle » est nécessaire pour permettre à l’UE d’honorer les factures des projets lancés les années précédentes par les Vingt-Sept. Le porte-parole de la Direction générale du Budget s’est refusé à tout commentaire pour le moment.

Des mesures d’économies sont dans le même temps étudiées, comme la réforme du statut des fonctionnaires.

Toute la question est maintenant de savoir comment la Commission espère faire passer la pilule auprès des États en particulier la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, principaux contributeurs au budget communautaire. Ces derniers ont déjà avertis à de nombreuses reprises qu’il n’était pas question de l’augmenter. Le président français en campagne pour sa réélection a même pris la peine de le mettre dans son programme. 

>>> Lire : « Sur l’Europe, le projet Sarkozy se limite à quelques mesures déjà connues »

Cité par Reuters, un diplomate européen a toutefois estimé que les capitales pourraient concéder une réévaluation de 2% pour le financement de projets, pour compenser les effets de l’inflation. Mais « les engagements d’aujourd’hui sont par définition les dépenses de demain », a ajouté cette source.

L’UE en défaut

Déjà, en 2012, les capacités ont été limitées à 129 milliards d’euros, au lieu des 134 demandés par Bruxelles. Dans son combat, la Commission peut compter sur l’appui du Parlement européen. L’argumentaire des élus repose en partie sur la nécessité de financer les nouvelles compétences héritées du Traité de Lisbonne.

En mars dernier, le député européen et président de la commission budget, le Français Alain Lamassoure (PPE/UMP), a déclaré que l’UE était « au bord du défaut (…). Nous sommes face à un problème politique. La France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, l’Autriche, qui sont les pays contributeurs nets, refusent toute augmentation de leur contribution nationale, car ils sont les principaux supports du fonds de sauvetage de l’euro et ne veulent pas payer deux fois ».

Les tensions entre les différentes parties prenantes du dossier sont accentuées par les négociations actuelles autour des perspectives budgétaires 2014-2020. Là encore, la Commission et le Parlement demandent des moyens conséquents ainsi que l’introduction d’une taxe sur les transactions financières qui viendrait alimenter les caisses communautaires mais les États sont arc-boutés sur leur position d’une austérité qui doit être la même pour tous sans prendre en compte les impératifs ou opportunités.

>>> Lire  : « La drôle de guerre du budget européen 2014-2020 »