Commissaires européens : qui seront les candidats proposés par les États membres ?
Avec les élections européennes qui approchent à grands pas, les États membres ont commencé à réfléchir à qui ils enverront à Bruxelles pour être commissaire européen. Euractiv se penche sur les rumeurs qui entourent les candidats ainsi que sur les portefeuilles qu’ils souhaitent obtenir.
Avec les élections européennes qui approchent à grands pas, les États membres ont commencé à réfléchir à qui ils enverront à Bruxelles pour être commissaire européen. Euractiv se penche sur les potentiels candidats pour rejoindre la Commission européenne ainsi que sur les portefeuilles qu’ils souhaitent obtenir.
Si le nouveau président ou la nouvelle présidente de la Commission européenne est désigné(e) d’ici juillet, il ou elle disposera des vacances d’été pour décider de la composition de son collège de commissaires sur base des candidats proposés par les États membres.
Comment sont nommés les commissaires ?
En 2019, Ursula von der Leyen a demandé aux États membres de lui proposer deux noms chacun, un homme et une femme, l’objectif étant de créer un équilibre entre les sexes au sein de la Commission.
Si l’Allemande, candidate à sa propre succession à la tête de l’exécutif européen, est à nouveau nommée, cette procédure sera probablement réitérée, ont indiqué des experts.
Lors du cycle précédent de sélection des commissaires, certaines capitales avaient refusé de proposer deux noms et tout misé sur leur candidat favori.
Les membres du nouveau collège devraient être, par définition, neutres sur le plan politique et ne pas revendiquer d’intérêts nationaux à la Commission. Cependant, pour les Vingt-Sept, le choix d’un candidat plutôt qu’un autre peut avoir un impact significatif.
Les gouvernements nationaux peuvent choisir d’envoyer un proche allié à Bruxelles dans l’espoir d’exercer un certain degré d’influence sur un portefeuille souhaité au niveau de l’UE. C’est notamment ce qu’il s’est passé avec le commissaire européen à l’Agriculture, le Polonais Janusz Wojciechowski, qui a défendu la position polonaise lors des récentes manifestations d’agriculteurs.
Les dirigeants politiques nationaux peuvent également profiter de la désignation pour écarter des rivaux nationaux qui pourraient autrement constituer une menace pour leur influence. Ce fut le cas avec Margrethe Vestager, aujourd’hui commissaire à la Concurrence, qui était considérée comme une candidate de taille pour les élections au Danemark.
Contrairement à la précédente législature, au cours de laquelle un grand nombre de commissaires exerçaient un second mandat avec un portefeuille différent, cette fois-ci, la plupart des membres du prochain collège de commissaires seront de nouveaux arrivants au sein de l’exécutif.
En effet, certains commissaires sortants ont déjà déclaré qu’ils ne se représenteront pas, notamment le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui prend sa retraite, ainsi que le commissaire à la Justice, Didier Reydners, qui brigue le poste de Secrétaire général du Conseil de l’Europe.
Parallèlement à cela, d’autres ont peu de chances d’être soutenus par leur gouvernement national, le parti au pouvoir ayant changé en cours de législature, comme c’est le cas en Italie.
Cela permettra au prochain chef de l’exécutif européen de renouveler complètement son collège, mais cela signifie aussi que les nouveaux venus devront, en plus de se familiariser avec leurs portefeuilles, apprendre à maîtriser rapidement la complexité administrative et à s’y retrouver entre les intérêts nationaux et européens.
Si elle devait être reconduite, Mme von der Leyen pourrait privilégier les candidats les plus aguerris, et les moins connus devraient être écartés de la course en raison de leur manque d’expérience au sein d’un gouvernement ou à Bruxelles, ont déclaré des sources proches de l’actuelle présidente de la Commission.
Qui obtient quel portefeuille ?
Le futur président de la Commission européenne devrait également remanier les portefeuilles par rapport à la configuration actuelle, en décidant également des futurs vice-présidents.
Traditionnellement, les présidents de la Commission ont tendance à garder près d’eux leurs amis (ceux qui ont soutenu leur candidature) et leurs ennemis (ceux qui pourraient être les plus grands opposants).
Les pays les plus influents, les membres fondateurs de l’UE ainsi que les commissaires les plus expérimentés se voient généralement attribuer les portefeuilles les plus importants ou ceux de leur choix. Les petits États membres, quant à eux, se voient souvent attribuer des dossiers moins importants, bien qu’il existe des exceptions.
Après la nomination des commissaires, ils doivent passer par des auditions devant différentes commissions du Parlement européen, où ils peuvent être approuvés ou rejetés.
Le processus, souvent très politique, devrait l’être encore plus cette année, surtout compte tenu du fait que l’extrême droite devrait gagner du terrain au sein de l’hémicycle, selon les projections d’Europe Elects.
Lors des précédentes élections, au moins un commissaire désigné était finalement rejeté. Par exemple, en 2019, les commissaires roumains et hongrois désignés ont été écartés en raison de conflits d’intérêts.
Politiquement, le geste a également permis au Parlement européen d’affirmer son rôle d’institution puissante face aux États membres de l’UE et au président de la Commission européenne.
En cas de rejet d’un candidat, l’État membre concerné doit proposer une autre personne.
Une fois le collège des commissaires constitué, le président désigné par les dirigeants de l’UE, siégeant au sein du Conseil, doit être approuvé à la majorité par le Parlement.
Nick Alipour, Simone Cantarini, Catherine Feore, Fernando Heller, Aleksandra Krzysztoszek, Niko J. Kurmayer, Sarantis Michalopoulos, Catalina Mihai, Krassen Nikolov, Ondřej Plevák, Natália Silenská, Charles Szumski et Max Griera ont contribué à la rédaction de cet article.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]