L’infrastructure internet européenne « sous pression » à cause du coronavirus
La Commission européenne souhaite que les plateformes de diffusion adoptent des mesures pour d'atténuer la pression sur la bande passante.
La Commission européenne souhaite que les plateformes de diffusion adoptent des mesures pour d’atténuer la pression sur la bande passante.
La demande de capacité internet a augmenté après que certains gouvernements de l’UE, ainsi que de nombreuses autorités publiques et entreprises en Europe, ont demandé aux citoyens de rester chez eux.
L’utilisation des plateformes de divertissement, telles que la diffusion de films en continu et les jeux en ligne, a également augmenté de manière significative. Face à cette demande accrue, l’exécutif de l’UE propose certaines mesures destinées à atténuer la pression sur les infrastructures internet.
Dans une déclaration publiée au soir du 18 mars, l’exécutif de l’UE souligne qu’« une répartition anormale du trafic risque de mettre l’infrastructure Internet sous pression au moment même où il est impératif qu’elle fonctionne de la meilleure manière possible ».
Recommandations de la Commission
« L’Europe et le reste du monde sont confrontés à une situation sans précédent. Les gouvernements ont pris des mesures pour réduire les interactions sociales afin de contenir la propagation du COVID-19, et pour encourager le travail à distance et l’enseignement en ligne », a souligné Thierry Breton, le commissaire européen chargé du marché intérieur.
« Plateformes de streaming, opérateurs de télécommunications et utilisateurs, nous avons tous la responsabilité commune d’agir afin d’assurer le bon fonctionnement d’internet pendant la lutte contre la propagation du virus. »
La Commission souhaite que certaines plateformes de streaming à haute capacité adoptent des mesures telles que « l’offre temporaire de contenu vidéo en définition standard plutôt qu’en haute définition ». Elle appelle aussi les opérateurs de télécommunications à faire en sorte « de prévenir et d’atténuer les effets de l’encombrement imminent des réseaux ».
La Commission espère en outre que les internautes eux-mêmes adopteront un comportement en ligne plus responsable, compte tenu des tensions que subissent actuellement les réseaux. Notamment en utilisant le Wi-Fi plutôt que les réseaux mobiles, et en choisissant de visionner les contenus en plus basse résolution chaque fois que cela est possible, souligne-t-elle.
Netflix
Thierry Breton s’est entretenu mercredi 18 mars avec Reed Hastings, le PDG de Netflix, pour discuter de certaines des suggestions avancées par la Commission. Un porte-parole de la société a déclaré que le commissaire Breton avait « raison de souligner l’importance de veiller à ce qu’Internet continue de fonctionner sans heurts en cette période critique ».
Le porte-parole a ajouté que l’efficacité du réseau était au cœur des préoccupations de l’entreprise « depuis de nombreuses années déjà », et que le « service de connexion ouverte » de la société, qui fournit gratuitement des serveurs de contenu local aux fournisseurs d’accès Internet et aux sociétés de télécommunications, se traduisait par une utilisation réduite des capacités internet.
La décision de la Commission intervient alors que certains États évaluent la marge de manœuvre dont ils disposent face aux défis engendrés par une hausse significative de l’utilisation d’internet.
À cet égard, l’autorité autrichienne de régulation de la radiodiffusion et des télécommunications (RTR) a récemment autorisé la mise en place de restrictions portant sur les données consommées sur les sites web de grande capacité, y compris les services de streaming vidéo.