COP29 : peu représentée à Bakou, l'UE tentera de peser avec le commissaire Wopke Hoekstra

Alors que de nombreux dirigeants européens se retrouvent accaparés par des enjeux nationaux et que la présence de l’Union européenne se fait discrète à Bakou, tous les espoirs reposent sur le commissaire au Climat, Wopke Hoekstra, pour faire de la COP29 un succès.

EURACTIV.com
EU Commission Confirmation Hearing
Wopke Hoekstra, commissaire européen désigné pour le Climat, la Neutralité carbone et la Croissance Propre, assiste à son audition de confirmation devant les commissions du Parlement européen à Bruxelles, Belgique, le 7 novembre 2024. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Alors que de nombreux dirigeants européens se retrouvent accaparés par des enjeux nationaux et que la présence de l’Union européenne (UE) se fait discrète à Bakou, tous les espoirs reposent sur le commissaire au Climat, Wopke Hoekstra, pour faire de la COP29 un succès.

À l’occasion des négociations annuelles sur le climat, l’Azerbaïdjan accueille la COP29 à Bakou du 11 au 22 novembre. Au programme : promesses et engagements de haut niveau, mais aussi des débats ardus, le tout pour décider de l’avenir du financement mondial afin de lutter contre le changement climatique après 2025. Alors qu’une décision datant de 1992 entérinait le fait que certains pays sont trop pauvres pour contribuer au financement de la lutte contre le changement climatique, cette approche pourrait être remise en cause dans les jours à venir.

Sur le dossier climatique, l’UE vise un objectif à plusieurs niveaux, qui implique l’attribution de fonds publics aux pays les plus vulnérables, comme les territoires insulaires, tandis que des fonds privés pourraient être mobilisés en complément.

En tant que plus grand contributeur pour le climat, l’UE brillera cependant par son absence : certains dirigeants européens connaissent en effet des soubresauts politiques au sein de leur gouvernement.

Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen figurent ainsi parmi les absents et sont représentés à Bakou par des fonctionnaires de moindre envergure.

« Le fait qu’Ursula von der Leyen, Olaf Scholz et Emmanuel Macron soient tous les trois absents à la COP est un signal fatal », estime l’eurodéputé écologiste Michael Bloss, membre de la délégation du Parlement européen.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et la Première ministre italienne Giorgia Meloni forment le duo le plus remarqué parmi les dirigeants des États membres en Azerbaïdjan.

Charles Michel, président du Conseil européen — qui sera bientôt remplacé par son successeur portugais António Costa — est quant à lui le représentant le plus haut placé de Bruxelles.

Selon Michael Bloss, avec Charles Michel, « l’Europe n’a aucune chance d’assumer le leadership de la politique climatique mondiale. Il a déjà montré qu’il ne pouvait pas s’opposer à des autocrates comme [le président azerbaïdjanais] Ilham Aliyev ».

Wopke Hoekstra en mission climatique à Bakou

Tous les espoirs reposent donc sur l’actuel et futur commissaire européen chargé du Climat, Wopke Hoekstra — très apprécié à Bruxelles pour sa contribution au succès de la COP28 l’année dernière — qui assiste à la COP29 dès mardi 12 novembre.

Wopke Hoekstra remplacera dans un premier temps Ursula von der Leyen lors des réunions de haut niveau, avant de codiriger les négociations avec le représentant du gouvernement hongrois. Contrairement à l’année dernière, il ne sera cette fois-ci pas épaulé par la vétérane espagnole Teresa Ribera.

« Cela ne va pas être facile », a-t-il confié aux eurodéputés jeudi 7 novembre, reconnaissant que le monde devient rapidement moins amical envers l’Europe — notamment avec la perspective du retour du président américain Donald Trump.

Cette année, au lieu du pavillon habituel rempli d’événements, l’UE ne devrait avoir qu’un stand d’information lors de la COP29. Un fonctionnaire a expliqué à Euractiv qu’il s’agissait d’une approche « efficace mais frugale ».

Le premier obstacle auquel Wopke Hoekstra sera confronté se présentera dès son atterrissage : un groupe de pays dirigé par la Chine, dont le Brésil, hôte de la prochaine COP, fera pression pour que ses « préoccupations concernant les mesures unilatérales restrictives en matière de commerce liées au changement climatique » soient inscrites à l’ordre du jour.

Le futur Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’UE — un droit de douane sur le CO2 en phase transitoire de mise en place qui frapperait les importations de produits de base — est profondément impopulaire auprès de ces pays.

Le groupe BASIC, composé de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique du Sud et du Brésil, avait déjà tenté d’inscrire ses préoccupations au sommaire de la COP28, sans succès.