COP30 : la Grèce bloque la position de l’UE en raison d’un désaccord sur le transport maritime vert
Athènes refuse de valider la position commune de l’UE pour la prochaine conférence des Nations unies sur le climat (COP30), qui aura lieu au Brésil, en raison des ambitions visant à verdir le transport maritime — un secteur important pour la Grèce.
LUXEMBOURG — Chaque année, les 27 États membres de l’UE s’accordent à l’unanimité sur une position pour la conférence annuelle sur le climat. Cette année, l’adoption du document semblait acquise, les préoccupations de l’Espagne et de l’Allemagne ayant été prises en compte avant la réunion ministérielle de mardi 21 octobre à Luxembourg.
Mais la Grèce a finalement menacé de bloquer l’approbation du document, car le texte, obtenu par Euractiv, « salue » l’accord-cadre international sur le transport maritime à zéro émission nette conclu en avril et qu’Athènes a refusé de signer.
Trois diplomates ont confirmé ce blocage, l’un d’entre eux estimant qu’Athènes prenait l’accord « en otage ».
En Grèce, où le secteur maritime exerce une influence majeure, l’opposition à cet accord est devenue une priorité au plus haut niveau, le dossier étant arrivé entre les mains du Premier ministre Kyriákos Mitsotákis.
L’accord-cadre sur le zéro net a été approuvé en avril dernier, mais n’a pas été adopté par les membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) à la suite d’une intervention des États-Unis.
La ligne faisant référence à l’accord dans le document de position de la COP30 de l’UE était « non pertinente », a déclaré une source à Athènes à Euractiv. L’accord-cadre sur le zéro-net a été gelé la semaine dernière, et le texte devrait donc être « réexaminé ».
Un compromis sur le texte n’avait pas encore été trouvé — toute proposition visant à le modifier devrait être approuvée par Athènes, a déclaré un haut diplomate européen.
Sous la pression des Américains, les membres de l’OMI n’ont pas approuvé un accord préconisant un cadre ambitieux favorisant les carburants dérivés de l’hydrogène vert (tels que l’ammoniac vert et le méthanol) plutôt que le GNL.
L’UE a voté contre le report de l’accord, opposant Bruxelles à Washington. La Grèce et Chypre se sont toutefois abstenues lors du vote.