Covid : les eurodéputés vont voter sur le rapport sur les leçons tirées de la pandémie

Alors que le Parlement européen s’apprête à voter sur le rapport final de la sous-commission COVI concernant les leçons tirées de la pandémie, la rapporteure du dossier a confié à EURACTIV que les eurodéputés avaient trouvé un bon équilibre dans les recommandations proposées.

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« Nous enverrons un message à ceux qui ne croient pas aux vaccins, à l’innovation ou à l’unité européenne pour faire face aux pandémies et chercher des solutions communes pour tous les citoyens », a indiqué à EURACTIV l’eurodéputée espagnole démocrate-chrétienne Dolors Montserrat, qui a piloté le rapport. [<a href="https://multimedia.europarl.europa.eu/en/photo/dolors-montserrat-in-ep-in-strasbourg_20190717_EP-091213C_MCH_006" target="_blank" rel="noopener">Parlement européen.Michel CHRISTEN</a>]

Alors que le Parlement européen s’apprête à voter sur le rapport final de la sous-commission COVI concernant les leçons tirées de la pandémie, Dolors Montserrat, rapporteure du dossier, a confié à EURACTIV que les eurodéputés avaient trouvé un bon équilibre dans les recommandations proposées.

Un vote sur le rapport « Pandémie de Covid-19 : leçons tirées et recommandations pour l’avenir » aura lieu mercredi (12 juillet) au Parlement européen, après qu’un débat sur le sujet a été tenu mardi.

« Nous enverrons un message à ceux qui ne croient pas aux vaccins, à l’innovation ou à l’unité européenne pour faire face aux pandémies et chercher des solutions communes pour tous les citoyens », a indiqué à EURACTIV l’eurodéputée espagnole démocrate-chrétienne Dolors Montserrat (Parti populaire européen, PPE), qui a piloté le rapport.

En mars 2023, le Parlement européen a créé la sous-commission spéciale chargée d’examiner la réponse de l’UE à la pandémie de Covid-19 (COVI) afin de réfléchir aux leçons tirées par l’UE après la pandémie et de se préparer aux défis futurs qui pourraient compromettre la santé des citoyens européens.

L’appui du Parlement au rapport de la commission démontre son soutien à la santé publique, à l’innovation, à un meilleur accès aux médicaments et à l’absence de pénurie, a noté Mme Montserrat.

« J’ose dire que 90 % du rapport final fait l’objet d’un consensus majoritaire de toutes les forces politiques, en fin de compte, nous sommes tous d’accord sur les éléments les plus importants », a-t-elle ajouté.

« Je crois que nous avons un peu abandonné les idéologies de chaque parti, nous les avons mises en commun, et nous avons cherché le juste milieu », a poursuivi l’eurodéputée, expliquant que ce rapport visait à donner des solutions aux patients et aux professionnels, et que tout le monde devait donc travailler avec « bon sens ».

« L’Europe doit être préparée à toute urgence sanitaire future qui pourrait survenir à tous les niveaux », a-t-elle insisté.

Contenu du rapport

Le rapport souligne la nécessité d’améliorer la résilience en cas de crise sanitaire, tant au niveau national qu’européen, en créant des incitants à l’investissement et au développement de lignes de production de médicaments, de vaccins et d’autres équipements médicaux dans l’Union.

Il appelle également à une réponse coordonnée pour soutenir différents groupes, tels que les indépendants, les travailleurs, les personnes particulièrement vulnérables et démunies.

En outre, il appelle à regarder vers l’avenir, en menant des recherches prospectives sur les menaces potentielles actuelles et futures, telles que les risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires.

La majorité des eurodéputés s’est accordée sur la nécessité de maintenir les écoles et les parlements nationaux ouverts en cas d’urgence sanitaire, et ce aussi longtemps que possible, ainsi que sur la nécessité de s’attaquer au Covid long et sur la nécessité pour l’Europe d’être indépendante des pays tiers en ce qui concerne l’achat de matériel et de médicaments.

Points de discorde

Cependant, les travaux de la commission COVI n’ont pas toujours été faciles : les questions de la vaccination, des effets secondaires et des brevets de propriété intellectuelle ont été soulevées à plusieurs reprises.

La visite de la directrice de l’Agence européenne des médicaments (EMA), Emer Cooke, au Parlement fin mars pour un échange de vues a débouché sur un débat houleux sur les effets secondaires des vaccins et sur ce que l’agence fait pour les contrôler, maintenant que la majorité de la population européenne est vaccinée.

En particulier, les législateurs du groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) ont accusé l’EMA de supprimer les informations sur les effets secondaires et les décès causés par les vaccins.

« Certains membres, et je ne parle pas de rapporteurs ou de groupes politiques, mais de membres individuels, sont antivaccins, d’autres se battent uniquement pour défendre la propriété intellectuelle et rien d’autre », a expliqué Mme Montserrat. Toutefois, elle a conclu que le rapport final avait trouvé un « équilibre fantastique ».

Nécessité d’une véritable union européenne de la santé

Le rapport appelle également l’UE à poursuivre sur la voie de la mise en place de l’union européenne de la santé, qui a été proposée pour la première fois par la Commission européenne en novembre 2020 en réponse à la pandémie de Covid-19 et aux futures urgences en matière de santé publique.

Elle vise à préparer les pays de l’UE à réagir ensemble aux crises sanitaires grâce à une série d’éléments constitutifs, tels que la règlementation des menaces sanitaires transfrontalières graves, l’extension des mandats de l’EMA, du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA).

« Si nous n’avions pas eu cette pandémie, il nous aurait fallu 20 ou 30 ans pour réaliser l’union européenne de la santé », a déclaré Mme Montserrat, expliquant que le plan est essentiel pour harmoniser la coordination des systèmes de santé des États membres.

La pandémie a également souligné l’importance de l’Union européenne elle-même pour les citoyens, a-t-elle ajouté.

« Je crois que les citoyens ont vu que l’Europe est importante et que, pendant la pandémie, nous avons eu la chance d’en faire partie », a-t-elle affirmé.

Elle a ajouté que l’unité a rendu les pays plus forts et leur a permis d’agir plus rapidement. Par ailleurs, les citoyens, mais aussi les gouvernements et les systèmes de santé, ont tiré des leçons qui pourraient également être appliquées en dehors du cadre de la Covid-19.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]