Défense : les 150 milliards d’euros du programme SAFE disponibles dès l’hiver

Si la Commission parvient à respecter son calendrier, les premiers financements pourraient être débloqués à l’automne, voire avant la fin de l’année.

EURACTIV.com
Czech JAS-39C Gripen aircrafts deployment to Iceland
Les États membres manifester leur intérêt d’ici juillet, puis présenter une « demande définitive » d’ici novembre. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Les demandes de financement dans le cadre du programme ambitieux d’achats communs en matière de défense doté de 150 milliards d’euros, baptisé SAFE pour « Security action for Europe », devront être soumises d’ici novembre. C’est ce qu’a annoncé jeudi 22 mai le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius.

Un accord a été trouvé en début de semaine entre les États membres de l’UE pour créer ce mécanisme de prêts inédit destiné aux acquisitions conjointes d’armement par les Vingt-Sept. Certains pays tiers, comme le Royaume-Uni, pourront également participer au programme, sous conditions.

Prenant la parole devant des représentants de l’industrie européenne de l’armement et de l’aéronautique jeudi, Andrius Kubilius a détaillé le calendrier à venir. Les États membres manifester leur intérêt d’ici juillet, puis présenter une « demande définitive » d’ici novembre.

D’après le document final de l’accord sur le programme SAFE, consulté par Euractiv, la Commission européenne devra examiner les dossiers dans un délai de deux mois. Si ce calendrier est respecté, les premiers financements pourraient être débloqués à l’automne, voire avant la fin de l’année.

Concrètement, cela signifie que les fonds pourraient parvenir aux pays intéressés d’ici l’automne ou l’hiver.

Proposé par la Commission en mars dernier, le programme SAFE a connu une progression législative inhabituellement rapide pour le domaine de la défense grâce à une procédure d’urgence. Celle-ci a permis d’accélérer les négociations entre les États membres, tout en écartant le Parlement européen du processus. Cette approche expéditive reflète l’empressement de Bruxelles à renforcer les capacités militaires de l’Union face à un contexte international de plus en plus instable.

Mais cette précipitation pourrait se retourner contre l’exécutif européen et boulverser son calendrier : le Parlement a en effet menacé de poursuivre le Conseil en justice pour l’avoir contourné lors des négociations sur le programme.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]