Dégradation du FESF : les politiques gardent leur sang froid

L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé d’un cran la note à long terme du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Cette nouvelle annonce est la conséquence de la décision antérieure de l’agence de dégrader 9 des 17 pays membres de la zone euro.

EURACTIV.fr
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L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé d’un cran la note à long terme du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Cette nouvelle annonce est la conséquence de la décision antérieure de l’agence de dégrader 9 des 17 pays membres de la zone euro.

Standard & Poor’s considère que les obligations du FESF ne sont plus totalement soutenues en raison de la qualité réduite de la signature d’États garants du fonds. L’agence de notation estime qu’aucune mesure susceptible de rehausser sa qualité de crédit n’a été prise.  

Les responsables politiques peu inquiets

Mais les responsables politiques tendent à dédramatiser la décision de Standard & Poor’s.

Le 16 janvier, soit trois jours après la perte du tripla A français, le ministre des Finances François Baroin a estimé qu’il n’y avait « pas besoin d’agir sur le FESF ». Son homologue allemand Wolfgang Schäuble partage cet avis. 

FESF reste efficace

Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a annoncé vouloir examiner les conséquences de la dégradation, sans pour autant douter de l’efficacité du Fonds. « La décision de Standard&Poor’s ne réduira pas la capacité de prêt du FESF de 440 milliards d’euros. Le FESF a des moyens suffisants pour tenir ses engagements dans le cadre des programmes d’ajustement en cours ou à venir », déclaré-t-il dans un communiqué daté du 16 janvier.

« Le déclassement à AA+ par une seule agence de notation ne réduira pas la capacité de prêt », a par ailleurs affirmé le directeur général du FESF Klaus Regling.

Mécanisme européen de stabilité prendra le rélais 

La plupart des responsables politiques insistent aussi sur le fait que le fonds ne sera bientot plus le seul outil financier permettant à sauver des États européens en difficulté.

Les chefs d’État et de gouvernement ont décidé, lors du dernier Conseil européen des 8 et 9 décembre, d’accéler la mise en place du mécanisme européen de stabilité (MES), désormais prévue pour mi-2012. Contrairement au FESF, dont la capacité de prêt dépend éntierement des garanties des États participant, le MES disposera de 80 millairds de fonds propres, ce qui le rendra plus résistant aux turbulences des marchés financiers. 

Le FESF, créé en mai 2010, est pour l’instant venu au secours de l’Irlande comme du Portugal, et doit intervenir dans le cadre du deuxième plan de sauvetage de la Grèce.

Coup de pouce  

De son côté, le premier ministre italien Mario Monti veut convaincre Berlin qu’il est « dans son propre intérêt » de contribuer à abaisser les taux d’emprunt italiens et ceux des autres pays de la zone euro en difficulté, rapporte le Financial Times

Pour Rome, l’Allemagne devrait faire un geste pour renforcer le mécanisme de stabilisation et accepter également une mutualisation des dettes souveraines (euro-obligations). « La BCE pourrait se sentir plus en confiance une fois le nouveau traité européen signé à la fin du mois », a signalé Mario Monti. 

Une manière subtile de suggérer qu’elle pourrait changer son fusil d’épaule et se montrer plus ouverte sur les rachats de dette souveraine.