Des entreprises énergétiques forment une nouvelle alliance pour le climat

Huit des plus grandes entreprises énergétiques d'Europe ont formé une alliance pour l'énergie propre, en vue de demander à l'UE de définir des objectifs contraignants pour 2030 en termes de réduction des émissions, de recours aux énergies renouvelables et d'efficacité énergétique.

/ EURACTIV.fr
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Huit des plus grandes entreprises énergétiques d'Europe ont formé une alliance pour l'énergie propre, en vue de demander à l'UE de définir des objectifs contraignants pour 2030 en termes de réduction des émissions, de recours aux énergies renouvelables et d'efficacité énergétique.

Cette alliance informelle se qualifie de « coalition souple regroupant des entreprises énergétiques modernes [qui] partagent la même vision sur la transformation accélérée du système énergétique ».

Ses membres sont Acciona (Espagne), DONG Energy (Danemark), EDP (Portugal), Eneco (Pays-Bas), EWE (Allemagne), Public Power Corporation (Grèce), Sorgenia (Italie) et SSE (R-U).

« L‘absence d'objectifs contraignants pour après 2020, un ETS qui ne parvient pas à stimuler l'investissement dans les énergies renouvelables et les infrastructures énergétiques obsolètes menacent sérieusement la modernisation et la décarbonisation nécessaires du secteur européen de l'énergie », a expliqué l'alliance dans une lettre ouverte bien trempée envoyée à la Commission européenne.

« Nous appelons la Commission et la présidence du Conseil à […] se décider sur des objectifs contraignants pour 2030 en matière d'énergies renouvelables, de CO2 et d'efficacité énergétique », peut-on encore lire dans cette lettre.

Feuille de route de l'UE

La feuille de route de l'UE pour une économie faible en carbone d'ici 2050 présente des étapes visant à atteindre entre 80 et 95 % de réduction des émissions. Les scientifiques affirment en effet que des réductions d'émission de cette ampleur seront nécessaires pour éviter que le réchauffement climatique ne dépasse les 2°C.

La première étape est 2030. L'UE propose que cette date soit établie comme une date butoir pour des mesures comme l'accroissement à 75-85 % de la part d'énergies faibles émettrices de carbone dans le bouquet énergétique.

Toutefois, les projets de conclusions du Conseil des ministres de l'environnement prévu le 9 mars, obtenus par EURACTIV, invitent seulement la Commission à présenter des options pour atteindre la réduction de 40 % des émissions de carbone promise dans la feuille de route.

« Disposer d'un investissement stable en faveur du climat est essentiel pour les entreprises énergétiques », a expliqué à EURACTIV dans un communiqué écrit Anders Eldrup, directeur exécutif de DONG Energy et l'un des membres de l'alliance.

DONG est la plus grande entreprise énergétique du Danemark et bien que son intérêt premier réside dans le pétrole et le gaz, elle commence à s'orienter vers les énergies renouvelables.

« Nos plans d'investissement actuels s’étendent sur dix ans ou plus », a-t-il affirmé. « Des objectifs contraignants pour 2030 en matière d'énergies renouvelables et des prix efficaces pour le CO2 sont des éléments cruciaux pour la mise en place d'un cadre économique capable de générer les investissements nécessaires à la construction d'infrastructures énergétiques modernes et axées sur les énergies renouvelables. »

Étapes

Mais les acteurs du secteur au sens large sont loin d'être tous du même avis sur la question, selon Folker Franz, le conseiller sur l'environnement de BusinessEurope qui représente les fédérations d'employeurs en Europe.

« Nous sommes ouverts à la discussion sur 2030, mais il ne suffit pas de définir un chiffre ; nous ne pensons pas qu'il soit possible de faire de l'étape de 2030 un objectif tout de suite », a-t-il confié à EURACTIV.

M. Folkner a expliqué que pour lui, les objectifs 20-20-20 décidés en 2007 (20 % d'amélioration en Europe pour les émissions, les énergies renouvelables et les performances énergétiques d'ici 2020) étaient « accrocheurs », mais « viciés ».

« Avons-nous besoin de trois objectifs contraignants comme 40-40-40 ou 30-30-30 ? J'en doute. Je pense que nous avons dépassé ce stade et que nous devons discuter des éléments du paquet 2030 qui devraient rester non contraignants. »

BusinessEurope rassemble des entreprises très diverses regroupées dans des fédérations nationales qui ne consultent pas toujours leurs membres sur la politique climatique, ce qui entraîne des plaintes quant à l'absence de processus démocratique.