La direction générale de l'énergie en sous-effectif après une vague de transferts au Berlaymont
Des hauts fonctionnaires de la DG ENER sont démarchés par des cabinets rivaux au siège de la Commission européenne
La direction générale de l’énergie de la Commission européenne ne compte plus qu’un seul haut fonctionnaire après le pillage de ses bureaux par la présidente Ursula von der Leyen, la DG CLIMA et, plus récemment, la commissaire à l’Environnement Jessika Roswall.
Parmi les fonctionnaires de l’Union européenne, les directeurs percevant un salaire d’au moins 19 000 € par mois avant primes – un grade appelé « AD14 » – sont une perle rare. La plupart des DG, l’équivalent des ministères au sein de l’exécutif européen, en comptent moins de dix dans leurs effectifs, et seuls les directeurs généraux et leurs adjoints les surpassent en grade.
Le départ de ces responsables clés survient au pire moment possible pour la direction générale de l’énergie, qui doit élaborer l’architecture énergétique de l’UE pour l’après-2030 et renforcer son cadre de sécurité énergétique.
Il ne reste plus qu’un seul directeur à Bruxelles depuis que – comme l’a rapporté Euractiv mardi – Roswall a débauché Pierre Schellekens, qui était chargé de la stratégie.
Sa collègue, la directrice chargée de l’efficacité énergétique, Rosaline van der Vlies, rejoint la direction rivale chargée du climat. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réussi à recruter Cristina Lobillo Borrero, anciennement directrice des relations énergétiques internationales, pour intégrer son équipe.
Michael Huebel, qui dirige habituellement l’agence de l’UE chargée de l’approvisionnement en combustible nucléaire, assure également l’intérim en tant que directeur général adjoint par intérim du personnel de la DG ENER basé à Luxembourg.
Un autre haut responsable, Christof Lessenich, qui dirige la division du marché intérieur de l’énergie, s’apprête à rejoindre Ljubljana pour prendre la tête de l’ACER, l’autorité de régulation du marché européen de l’énergie, une autre nomination rapportée en premier par Euractiv.
Le poste de « conseiller » de haut niveau chargé de l’élaboration des politiques est toujours vacant.
Capital humain
À Bruxelles, les collaborateurs de valeur sont jalousement gardés : des fonctionnaires expérimentés peuvent faire pencher la balance en faveur ou en défaveur des priorités politiques d’une DG. Une source interne a laissé entendre que le réseau de Schellekens au sein de la direction générale de l’énergie a joué un rôle déterminant pour la protéger de la lutte menée par l’UE contre les formalités administratives.
La DG ENER ne compte désormais plus qu’un seul directeur dans la capitale européenne : le Polonais Lukas Kolinski, qui dirige l’unité chargée de la transition écologique.
Selon des sources bien informées, les postes vacants dans son organigramme seront pourvus. En effet, Beatriz Yordi devrait quitter la DG CLIMA pour prendre la tête des relations internationales en matière d’énergie.
Ce remaniement est l’occasion pour Céline Gauer, la nouvelle directrice générale qui a pris ses fonctions avant l’été, de marquer de son empreinte son nouveau département, ont-ils noté.
Sa première grande recrue est Tomas Anker Christensen, ancien ambassadeur danois et diplomate chevronné dans le domaine de l’énergie mondiale, qui était auparavant conseiller du commissaire à l’énergie Dan Jørgensen.
(rh)