Donald Trump annonce des droits de douane de 30 % à partir d’août, Bruxelles veut négocier
Donald Trump a adressé samedi 12 juillet une lettre à l’UE annonçant des droits de douane de 30 % sur les produits européens importés aux États-Unis à compter du 1er août.
Donald Trump a adressé samedi 12 juillet une lettre à l’UE annonçant des droits de douane de 30 % sur les produits européens importés aux États-Unis à compter du 1er août. Des droits distincts pour certains secteurs spécifiques, tels que l’acier, l’aluminium et les voitures, sont déjà en vigueur.
« Comprenez bien que ce chiffre de 30 % est bien inférieur à ce qui est nécessaire pour éliminer le déficit commercial dont nous souffrons avec l’UE », peut-on lire dans la lettre, qui précise qu’aucun droit de douane ne sera appliqué aux entreprises européennes qui produisent aux États-Unis.
Donald Trump a également menacé d’augmenter encore les droits de douane si l’UE décidait de riposter.
« Si, pour une raison quelconque, vous décidez d’augmenter vos droits de douane et de riposter, alors, quel que soit le montant que vous déciderez d’appliquer, il sera ajouté aux 30 % que nous imposons. »
Les ambassadeurs de l’UE se réuniront dimanche 13 juillet en session extraordinaire pour discuter de cette annonce, selon un diplomate européen.
À la suite de cette annonce, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré qu’un droit de douane de 30 % « perturberait les chaînes d’approvisionnement transatlantiques essentielles, au détriment des entreprises, des consommateurs et des patients des deux côtés de l’Atlantique ».
« Peu d’économies dans le monde égalent le niveau d’ouverture et d’adhésion aux pratiques commerciales équitables de l’Union européenne », a-t-elle ajouté, soulignant que l’UE restait prête à continuer à œuvrer en vue d’un accord d’ici le 1er août.
Toutefois, la présidente de l’exécutif européen a déclaré que l’UE prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour préserver les intérêts du bloc, y compris des « contre-mesures proportionnées si cela s’avérait nécessaire ».
La Commission avait déjà été informée vendredi 11 juillet de la décision américaine, a confié un responsable européen à Euractiv.
L’UE a déjà prévu un ensemble de mesures de rétorsion visant des produits américains pour un montant de 21 milliards d’euros, notamment des diamants, du soja et des motos, actuellement suspendues jusqu’au lundi 14 juillet. Les ministres du Commerce de l’UE se réuniront ce jour-là à Bruxelles pour discuter des relations commerciales transatlantiques, y compris une éventuelle prolongation de la suspension.
Bruxelles prépare également d’autres mesures, visant cette fois-ci pour 95 milliards d’euros de produits tels que les avions, les spiritueux et les équipements électriques américains.
Le Mexique a été visé par les mêmes droits de 30 % ce samedi. Donald Trump critique dans sa lettre au pays le rôle qu’il joue dans l’acheminement de drogues illicites vers les États-Unis.
Un jeu politique
Cette lettre fait suite à des mois de négociations politiques et techniques entre les responsables européens et américains au sujet des « droits de douane réciproques » imposés par Donald Trump, qui ont bouleversé l’économie mondiale et les marchés financiers avant d’être suspendus peu après leur annonce le 2 avril.
Les droits de douane de 50 % sur l’acier et l’aluminium, de 25 % sur les voitures et les pièces automobiles et de 10 % sur la plupart des autres produits imposés par Washington touchent actuellement 370 milliards d’euros de marchandises de l’UE, soit 70 % des exportations totales de l’Union vers les États-Unis.
Donald Trump a également déclaré mercredi 9 juillet qu’un droit de douane de 50 % sur le cuivre entrerait en vigueur le 1er août, le jour même où les droits réciproques sur les partenaires commerciaux des États-Unis devraient entrer en vigueur.
La veille, Donald Trump avait laissé entendre qu’il enverrait cette semaine à l’UE une lettre similaire à celles adressées ces derniers jours à de nombreux autres partenaires commerciaux des États-Unis, qui reprennent dans les grandes lignes les droits imposés en avril. Le président américain avait précédemment menacé de frapper l’UE de droits de douane réciproques compris entre 20 % et 50 %.
Les responsables et diplomates européens avaient espéré avec optimisme que Bruxelles ne recevrait pas de lettre, mais conclurait plutôt un « accord de principe » avec Washington. Un tel accord serait similaire à celui conclu entre le Royaume-Uni et les États-Unis en juin et maintendrait les droits « universels » de 10 % mais accordait des concessions sur les droits de douane sur les voitures et les métaux.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]