Donald Trump menace d’imposer 50 % de droits de douane sur l’UE

Une escalade qui pourrait transformer les tensions commerciales actuelles en véritable guerre économique.

/ AFP / EURACTIV.com
President Trump Makes First Middle East Trip Of His Second Term
« Il est très difficile de traiter avec l’Union européenne, créée en premier lieu pour profiter des États-Unis sur le plan COMMERCIAL », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social. [Getty Images/Win McNamee]

Les marchandises importées de l’UE seront soumises à des droits de douane de 50 % à partir du 1er juin, a averti vendredi 23 mai le président américain Donald Trump. Une escalade qui pourrait transformer les tensions commerciales actuelles en véritable guerre économique.

« Il est très difficile de traiter avec l’Union européenne, créée en premier lieu pour profiter des États-Unis sur le plan COMMERCIAL », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social.

Dans son message, le président américain a fait part de son impatience à l’égard des négociations commerciales en cours avec l’UE, qui, selon lui, « ne vont nulle part ».

« Les puissantes barrières commerciales, la TVA, les sanctions ridicules imposées aux entreprises, les barrières non douanières, les manipulations monétaires, les poursuites judiciaires injustes et injustifiées contre les entreprises américaines, entre autres, ont conduit à un déficit commercial avec les États-Unis de plus de 250 millions de dollars par an. Un chiffre totalement inacceptable », a ajouté le locataire de la Maison-Blanche.

Selon la Commission européenne, qui supervise la politique commerciale de l’UE, l’Union européenne affiche actuellement un excédent commercial total d’environ 50 milliards d’euros en prenant en compte les biens et les services.

Après l’annonce de Donald Trump, les actions européennes ont plongé après cette annonce, l’indice STOXX Europe 600 perdant 2,5 %, le DAX allemand 2,7 % et le CAC français 2,8 %. L’euro a également reculé de 0,5 % face au dollar, à 1,130 2 $.

Les exportateurs européens vers les États-Unis sont actuellement soumis à des droits de douane de 25 % sur les voitures, l’acier et l’aluminium, ainsi qu’à une taxe générale de 10 %.

Donald Trump a suspendu jusqu’en juillet les « droits de douane réciproques », qui pourraient ajouter 10 % de taxes supplémentaires sur les produits européens.

L’UE a tenté à plusieurs reprises d’éviter les droits de douane américains en s’engageant à augmenter ses achats d’énergie et d’armes américaines. Elle a également cherché à coopérer avec Washington dans des secteurs stratégiquement importants tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et les minéraux critiques.

Cependant, Bruxelles a fermement rejeté les demandes américaines visant à supprimer son taux de TVA et à assouplir sa législation sur les produits agroalimentaires et les services numériques. Elle a également menacé d’imposer des droits de douane en représailles sur des exportations américaines d’une valeur pouvant atteindre 116 milliards d’euros si aucun accord commercial n’était conclu avec les États-Unis.

Selon la Commission européenne, environ 70 % des exportations totales de l’Union vers les États-Unis, soit environ 380 milliards d’euros de marchandises, sont actuellement soumises aux droits de douane imposés par l’administration Trump.

« La stratégie de la Commission européenne et de l’Allemagne dans le conflit commercial avec Trump a lamentablement échoué », a commenté Marcel Fratzscher, professeur de macroéconomie à l’Université Humboldt de Berlin. « L’Europe ne bénéficiera désormais d’aucune solidarité et se trouve dans la pire position possible pour négocier. »

Le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič s’entretiendra avec le représentant américain au Commerce Jamieson Greer dans le courant de la journée.

La Commission européenne n’a pas immédiatement réagi à cette annonce.

Apple visé

Le président américain a aussi pour la première fois ciblé une entreprise, qui plus est américaine, menaçant Apple de lui appliquer « au moins 25 % » de surtaxe si l’entreprise ne fabriquait pas ses iPhone aux États-Unis.

« Cela fait longtemps que j’ai informé Tim Cook d’Apple que je m’attendais à ce que les iPhone vendus aux États-Unis soient fabriqués et construits aux États-Unis, et non en Inde ou ailleurs. Si ce n’est pas le cas, Apple devra payer des droits de douane d’au moins 25 % aux États-Unis », a-t-il écrit, également sur son réseau social.

Lors de la présentation des derniers résultats de l’entreprise début mai, Tim Cook avait dit s’attendre à ce que « la majorité des iPhone vendus aux États-Unis », pendant le trimestre en cours, proviennent d’Inde.

À l’ouverture de Wall Street, Apple reculait de 2,60 %.

Pour Daniel Ives, analyste pour Wedbush, produire des téléphones iPhone aux Etats-Unis est un « conte de fées qui n’est pas réalisable ».

Cela porterait « le prix des iPhone à environ 3 500 dollars, ce qui n’est pas réaliste, et il faudrait cinq à dix ans pour rapatrier la production », a-t-il ajouté dans une note.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]