Données personnelles : TikTok doit « regagner la confiance de l’UE »

Les commissaires européens ont averti le PDG de TikTok, mardi (10 janvier), que l’entreprise devait regagner leur confiance après les révélations sur la transmission de données confidentielles à la Chine.

Euractiv.com
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La protection des données et le respect de la vie privée sur l’application font l’objet d’une attention croissante ces derniers mois. En novembre dernier, l’application a révélé que les données des utilisateurs européens pouvaient être consultées par des employés en Chine, où la société mère de TikTok, ByteDance, est basée. [SHUTTERSTOCK/ Ascannio]

Cet article a été mis à jour afin d’inclure une déclaration de TikTok.

Les commissaires européens ont averti le PDG de TikTok, mardi (10 janvier), que l’entreprise devait regagner leur confiance après les révélations sur la transmission de données confidentielles à la Chine.

Shou Zi Chew, le PDG de l’entreprise, a rencontré la vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, et la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, afin de discuter de la sécurité des données, la désinformation et la réglementation numérique de l’UE.

La protection des données et le respect de la vie privée sur l’application font l’objet d’une attention croissante ces derniers mois. En novembre dernier, l’application a révélé que les données des utilisateurs européens pouvaient être consultées par des employés en Chine, où la société mère de TikTok, ByteDance, est basée.

Parmi les questions abordées lors de la rencontre avec Mme Jourová, figuraient la sécurité des enfants, la transparence des contenus payants à caractère politique et le respect des futures réglementations européennes. Ces réglementations comprennent notamment la loi sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) et la loi sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA).

La discussion a également porté sur la propagation potentielle de la désinformation russe sur la plateforme, tandis que la commissaire chargée des Valeurs et de la Transparence a salué la décision prise par TikTok en juin de l’année dernière d’adhérer au code de bonnes pratiques contre la désinformation de l’UE. Il s’agit d’un ensemble de mesures volontaires visant à lutter contre la désinformation et destiné à devenir un outil de règlementation à part entière, conjointement avec le DSA.

Le premier rapport d’étape depuis la mise à jour du code en 2022 doit être publié à la fin du mois. « La transparence sera un élément clé à cet égard », a déclaré Mme Jourová à l’issue de la réunion.

« Je compte sur TikTok pour exécuter pleinement ses engagements à faire le maximum pour respecter le droit européen et regagner la confiance des régulateurs européens », a-t-elle ajouté. « Il ne peut y avoir le moindre doute sur le fait que les données des utilisateurs en Europe sont en sécurité et ne sont pas exposées à un accès illégal de la part des autorités de pays tiers. »

Lors de la réunion, il également été question des récentes révélations selon lesquelles ByteDance avait accédé aux données de journalistes effectuant des reportages sur l’entreprise afin d’identifier les travailleurs susceptibles de leur divulguer des informations.

En réponse à une question à ce sujet, le patron de TikTok aurait confirmé que cela était inadmissible et que les personnes concernées par ces accusations ne travaillaient plus pour l’entreprise, a indiqué la Commission.

Au cours de la réunion avec Mme Vestager, la discussion a porté sur les préparatifs de l’entreprise pour se conformer au DSA et au DMA et sur son approche vis-à-vis du règlement général sur la protection des données de l’UE (RGPD).

Les pratiques de TikTok en matière de traitement des données ont fait l’objet de plusieurs enquêtes de la part d’organismes de surveillance dans certains États membres de l’UE. Outre-Atlantique, les autorités américaines se méfient depuis longtemps de l’entreprise.

Peu avant le début de l’année, la Chambre des représentants des États-Unis a ordonné à ses employés de supprimer l’application de tous les appareils utilisés dans le cadre de leur travail, suite à un précédent avertissement des responsables de l’institution selon lequel TikTok présentait un « risque élevé pour les utilisateurs ».

« Nos conversations d’aujourd’hui ont porté sur notre engagement à nous conformer aux réglementations qui façonneront l’expérience des Européens avec des plateformes comme la nôtre — et établiront de nouvelles normes importantes en matière de transparence par la même occasion », a déclaré Theo Bertram, vice-président de TikTok pour la politique publique en Europe. « C’est une priorité absolue pour nous que d’être prêts pour cela ».

« Nous avons salué l’opportunité de consolider la manière dont nous renforçons davantage la sécurité des données en Europe », a-t-il ajouté. Il a également précisé que l’entreprise se réjouissait de poursuivre « cet engagement constructif en 2023 et au-delà. »

[Édité par Anne-Sophie Gayet]