Égalité femmes-hommes : le Premier ministre espagnol accuse le centre droit de se rapprocher de l’extrême droite
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a accusé le Partido Popular, parti d’opposition de centre droit, de partager des points de vue dépassés avec le parti d’extrême droite VOX sur les politiques de genre, lors d’une altercation au parlement mercredi.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a accusé le Partido Popular (Parti Populaire, PP — PPE), parti d’opposition de centre droit, de partager des points de vue dépassés avec le parti d’extrême droite VOX sur les politiques de genre, lors d’une altercation au parlement mercredi (8 mars).
À l’occasion de la Journée internationale des femmes, le Premier ministre socialiste M. Sánchez (PSOE — S&D) a défendu le travail réalisé depuis son entrée en fonction en 2018. Il a ainsi qualifié son gouvernement comme étant l’exécutif le plus « féministe » d’Espagne, précisant que « malgré les différences, ce qui inquiète les femmes, ce sont les similarités entre le PP et l’extrême droite ».
M. Sánchez a cité en exemple le gouvernement de coalition régionale PP-VOX dans la région de Castille-et-León.
Le gouvernement de M. Sánchez place le féminisme et l’égalité au cœur de son action politique, a affirmé le Premier ministre, tandis que la secrétaire générale du PP, Cuca Gamarra, l’a accusé de faire exactement le contraire.
« Il ne peut pas se dire féministe alors qu’ils [le PSOE] ont approuvé une loi qui a bénéficié à plus de 730 agresseurs sexuels (….) », a-t-elle déploré.
La loi « Seul un oui est un un oui » (« solo si es si »), mentionnée par Mme Gamarra — dont l’effet a été inattendu, puisqu’elle a entraîné 721 réductions de peine et 74 libérations de prison — a récemment suscité des divisions entre les partis PSOE et Unidas Podemos, qui forment la coalition gouvernementale progressiste.
De son côté, le président du PP, Alberto Núñez Feijóo, a déclaré que la meilleure façon pour le Premier ministre de célébrer la Journée internationale des femmes aurait été de s’excuser d’avoir approuvé cette loi.
Le Premier ministre a défendu par ailleurs les réalisations de son gouvernement, telles que l’augmentation du salaire minimum, la revalorisation des pensions, l’égalisation des congés de paternité et d’égalité ainsi que les programmes d’aide en faveur des femmes. De son côté, le PP « accumule les recours devant la Cour constitutionnelle concernant la violation des droits des femmes », a t-il déclaré.
La ministre de l’Égalité, Irene Montero (Unidas Podemos – GUE-NGL), a déclaré mercredi (8 mars) que la coalition progressiste de son parti avec le PSOE de M. Sánchez n’était pas « en danger », mais que les droits des femmes en Espagne, depuis le vote de mardi, l’étaient.
Les élections municipales espagnoles se dérouleront en mai, et beaucoup considèrent qu’elles constitueront le premier défi majeur pour la coalition gouvernementale de M. Sánchez avec le parti Unidas Podemos, dans la perspective des élections générales prévues en décembre.
En outre, Madrid assumera la présidence du Conseil de l’UE au cours du second semestre de 2023.