Elargissement de l’UE en 2030 : « Je ne suis pas du tout d’accord avec cette date » lance Mark Rutte
La perspective d’un élargissement de l’UE d’ici 2030 n'aura lieu que si les pays membres sont prêts, a insisté le Premier ministre sortant Mark Rutte, qui souligne que la date de 2030 reste pour le moment hypothétique et ambitieuse.
La perspective d’un élargissement de l’UE d’ici 2030 n’aura lieu que si les pays membres sont prêts, a insisté le Premier ministre sortant Mark Rutte, qui souligne que la date de 2030 reste pour le moment hypothétique et ambitieuse.
Le Premier ministre néerlandais sortant rencontrait d’autres dirigeants européens lors du troisième sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Grenade jeudi (5 octobre), lors duquel l’élargissement de l’UE a dominé l’ordre du jour.
« Je ne suis pas du tout d’accord avec cette date », a déclaré M. Rutte au sujet de l’objectif d’élargissement de 2030 avancé par M. Michel.
« Il ne s’agit pas de savoir quand les pays seront prêts. Il s’agit de savoir si les pays seront prêts », a-t-il expliqué.
M. Rutte a souligné la complexité d’un tel processus d’élargissement, tant pour les nouveaux pays, qui doivent se plier à toutes les règles européennes, mais aussi aux pays membres existants, qui doivent être complètement prêts à accueillir un nouveau membre en leur sein.
Le Premier ministre néerlandais s’est également demandé si l’UE était prête à accepter de nouveaux membres.
« L’UE compte déjà 27 États membres et si d’autres pays viennent s’y ajouter, la prise de décision et toutes sortes d’autres choses deviendront encore plus compliquées », a-t-il déclaré.
Les appels à conditionner l’élargissement de l’UE à une réforme fondamentale du fonctionnement de l’Union ont été entendus tout au long de l’année, les pays de l’UE progressant lentement sur cette question.
En particulier, des questions telles que les procédures de vote, le budget de l’UE, la sanction des violations de l’État de droit et l’idée d’une « intégration progressive » ont creusé un fossé entre les États membres de l’UE.
L’incertitude plane sur l’avenir de la position néerlandaise
Malgré les remarques acerbes de M. Rutte, son départ imminent de la vie politique signifie que la future position des Pays-Bas sur l’élargissement de l’UE dépendra de la personne qui lui succédera après les élections nationales du mois prochain.
Les sondages actuels prévoient une course serrée entre le parti de centre droit de M. Rutte, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), l’alliance des sociaux-démocrates et des Verts (PvdA/GL) dirigée par l’ancien responsable européen du climat, Frans Timmermans, et le nouveau parti anti-establishment NSC, dirigé par le député Pieter Omtzigt, un ancien chrétien-démocrate.
Alors que le VVD et le PvdA/GL soulignent tous deux la nécessité d’adhérer aux critères d’adhésion de l’UE dans leurs programmes électoraux, ce dernier semble plus ouvert à l’élargissement, déclarant qu’il « encouragera, récompensera et soutiendra activement les véritables réformes », tandis que le VVD se contente de déclarer que « les pays candidats […] conservent une perspective d’adhésion à l’UE et seront jugés sur la base des résultats obtenus ».
Le NSC de M. Omtizgt n’a pas encore présenté son programme électoral.