Emissions de CO2 : l'OMI et l'UE ne sont pas sur la même longueur d'onde

L'Organisation marine internationale (OMI) semble suivre une voie opposée à celle de l'Union européenne, dans la mesure où elle n'est pas parvenue à progresser sur des mesures visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone pour la navigation à l'échelle mondiale.  

EURACTIV.fr / Reuters
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L'Organisation marine internationale (OMI) semble suivre une voie opposée à celle de l'Union européenne, dans la mesure où elle n'est pas parvenue à progresser sur des mesures visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone pour la navigation à l'échelle mondiale.
 

A l'issue de la semaine de négociations qui s'est achevée vendredi dernier, la délégation de l'organisme des Nations unies pour le transport maritime (qui compte 170 membres) n'est pas parvenue à accomplir « de réels progrès », selon les participants.

Une porte-parole de l'OMI a déclaré que les discussions relatives aux mesures axées sur le marché, comme la taxe sur les émissions de CO2 et le système d'échange de quotas, devraient reprendre en octobre prochain, lors de la prochaine réunion du Comité de protection du milieu marin (CPMM).

Le transport maritime international est responsable d'environ 3 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, un chiffre qui devrait grimper à 18 % d'ici 2050 si aucune réglementation n'est mise en œuvre, estime l'OMI.

L'exécutif européen a menacé d'introduire ses propres réglementations sur le transport maritime, comme il l'a fait pour l'aviation, dans l'éventualité où l'OMI ne parviendrait pas à prendre une décision.

« Bien que soyons clairement favorables à une action mondiale pour réduire les émissions du transport maritime, l'OMI ne semble pas sur la bonne voie pour trouver des solutions qui permettront de respecter l'objectif de limitation de l'augmentation des températures de la planète à 2°C maximum », a expliqué un porte-parole de la Commission en référence au seuil défini par les scientifiques pour éviter que le changement climatique ait des retombées désastreuses.

En avril prochain, une consultation publique européenne planchera sur quatre sujets : un fonds de compensation, un système d'échange de quotas d'émission, une taxe sur le carburant ou le carbone et une réduction obligatoire des émissions par bateau.

Une analyse d'impact et une proposition de la Commission suivront en juin. La proposition finale sera présentée au quatrième semestre.

Le secrétaire général de l'OMI, Koji Sekimizu, a demandé qu'une analyse d'impact sur neuf propositions différentes axées sur le marché soit finalisée d'ici 2013.

« Travaillons ensemble et relevons le défi d'élaborer une mesure axée sur le marché d'ici 2015 », a-t-il déclaré lors d'un discours.

Les négociations se sont toutefois enlisées dans les débats sur la coopération technique et le transfert de technologie relatifs à un accord sur l'indice nominal de rendement énergétique conclu l'année dernière, ont expliqué les participants.

En juillet dernier, 48 pays ont voté en faveur de l'adoption d'un indice nominal de rendement énergétique obligatoire pour les nouveaux bateaux et d'un plan volontaire de gestion de l'efficacité énergétique pour tous les navires.

« Cela a créé des tensions », a affirmé John Maggs, conseiller politique chez Seas At Risk, une association européenne d'ONG vertes.

« Ceux qui n'étaient pas favorables à l'adoption de l'indice l'année dernière rendent à présent difficile l'adoption de mesures sur les gaz à effet de serre », a-t-il déclaré.