En Europe, les activistes climatiques subissent une pression de plus en plus importante
Les activistes climatiques sont soumis à une pression croissante en Europe, a confié Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, à Lusa lundi.
Les activistes climatiques sont soumis à une pression croissante en Europe, a confié Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, à Lusa, média partenaire d’Euractiv, lundi (2 octobre). Il a également exprimé sa surprise face à la violence avec laquelle ces derniers sont traités par certains gouvernements du continent.
« Les défenseurs des droits de l’Homme dans leur ensemble sont confrontés à plusieurs défis et risques majeurs dans de nombreux pays, y compris en Europe, mais ceux qui paient actuellement le plus lourd tribut sont les défenseurs de l’environnement et les personnes qui tentent de défendre leurs terres et le climat », a expliqué M. Forst lors de l’entretien accordé à Lusa.
M. Forst, qui est le premier à occuper le poste de rapporteur sur la situation des défenseurs des droits humains, était à Lisbonne pour participer à la conférence internationale de la plateforme des droits de l’Homme de la Fondation Gulbenkian.
« Je ne comprends pas pourquoi, mais le fait est que de plus en plus de responsables politiques, dans de plus en plus de pays, comparent des manifestants pacifiques à des terroristes violents », a-t-il déclaré. Et d’ajouter qu’il observait ce phénomène « en Espagne, aux Pays-Bas, au Danemark, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse ».
« J’ai fait le tour de plus de 20 pays de l’Union européenne pour rencontrer des militants et des gouvernements, les invitant à décrire l’atmosphère [dans laquelle ils opèrent] dans leur pays, et je peux vous assurer que la situation devient très, très, très tendue », a-t-il poursuivi, soulignant que des gouvernements comme ceux de la France ou de l’Autriche qualifient ces militants d’« éco-terroristes » ou de « talibans verts ».
Non-respect des obligations internationales
M. Forst a également expliqué qu’il travaillait avec un groupe d’ONG « pour essayer de mieux comprendre ce qui se passe en Europe, afin de guider les gouvernements de l’UE sur la manière de répondre à la désobéissance civile ».
En insistant sur le fait que la désobéissance civile est régie par le droit international des droits humains, il a indiqué avoir été alarmé lors de sa rencontre avec des juges espagnols, français et allemands et qu’il a constaté que ces derniers « ne comprenaient pas du tout » ce droit.
« Les militants qui s’engagent dans la désobéissance civile ne devraient pas être pénalisés, mais dans la réalité, nous constatons que les juges et les gouvernements ne respectent pas les obligations internationales », a souligné le rapporteur.
Son objectif est désormais de fournir des documents et des lignes directrices aux États afin qu’ils respectent mieux leurs obligations internationales.
« Certains États ont été très réceptifs, comme l’Irlande et la Norvège, mais beaucoup d’autres ne l’ont pas été », a-t-il indiqué, citant l’exemple du Royaume-Uni et ajoutant que, dans certains cas, la police infiltre même des groupes afin de mieux contrôler les militants et leurs activités.
« Nous avons maintenant la preuve que certains [défenseurs de l’environnement] ont été placés sous haute surveillance, que leurs téléphones ont été piratés et que leurs ordinateurs ont été mis sur écoute », a-t-il également affirmé.
Pour M. Forst, les défenseurs de l’environnement ne sont pas différents de ceux qui luttent pour les droits humains, et ils doivent être mieux protégés.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]