En Grèce, les partis traditionnels en crise après les élections européennes
Les résultats des élections européennes ont été décevants pour tous les partis traditionnels en Grèce, les citoyens ayant également tourné le dos à tous les responsables politiques avec un taux d’abstention record dans le pays.
Les résultats des élections européennes ont été décevants pour tous les partis traditionnels en Grèce, les citoyens ayant également tourné le dos à tous les responsables politiques avec un taux d’abstention record dans le pays.
Le parti de centre droit au pouvoir en Grèce, Nouvelle Démocratie (Parti populaire européen, PPE), est arrivé en tête du scrutin européen, récoltant 28,3 % des voix, suivi par le principal parti d’opposition SYRIZA (La Gauche, GUE/NGL) avec 14,9 % et le parti socialiste PASOK (S&D) avec 12,8 %.
Le taux de participation très bas, 41,4 %, a suscité des inquiétudes à Athènes, se situant bien en deçà du taux de participation moyen dans l’UE, qui est de 51 %.
L’impact politique de cette situation est retentissant pour les partis traditionnels, aucun d’entre eux n’ayant atteint l’objectif qu’il s’était fixé avant les élections.
Victoire amère pour le centre droit
Nouvelle Démocratie a réalisé la pire performance de son histoire, perdant plus de 1,1 million de voix par rapport aux législatives de juin 2023, où elle avait obtenu 41 %.
Le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis avait fixé l’objectif des élections européennes à 33 %, soit 5 % de plus que ce qui a finalement été réalisé.
Pour limiter la casse, le Premier ministre envisage à présent de remanier son cabinet, mais il a exclu de suivre Emmanuel Macron sur la voie des élections anticipées. Le prochain scrutin national est prévu pour 2027.
Plusieurs responsables politiques conservateurs, dont le Premier ministre lui-même, ont attribué les mauvais résultats électoraux à l’« arrogance » dont ont fait preuve de nombreux membres du gouvernement après ales résultats des dernières élections.
En réalité, il semblerait que la flambée des prix a joué un rôle clé dans la défaite du parti au pouvoir lors de ces élections.
À Athènes, certains analystes suggèrent également que le résultat des élections a affaibli la position de Kyriákos Mitsotákis à Bruxelles, puisqu’il visait à être le négociateur en chef du PPE pour les « top jobs » de l’UE, les postes à responsabilité des institutions européennes.
SYRIZA continue de perdre du terrain
À gauche, le principal parti d’opposition, SYRIZA, n’a pas obtenu de résultats « surprenants », comme l’avait prévu son dirigeant Stéfanos Kasselákis lors d’un entretien avec Euractiv en décembre dernier.
Sous la direction de l’ancien Premier ministre Aléxis Tsípras, le parti était pourtant passé de 4 % dans la première décennie des années 2000 à 36,3 % en 2015, lorsqu’il a pris le pouvoir.
En 2023, Aléxis Tsípras a finalement démissionné après avoir subi une lourde défaite face à Stéfanos Kasselákis, obtenant un score de seulement 17 %. Il a ensuite été remplacé par Stéfanos Kasselákis.
Bien que la popularité de SYRIZA continue de chuter, Stéfanos Kasselákis a insisté sur le fait qu’il resterait à sa tête.
Le leader socialiste sur la sellette
Les socialistes grecs semblent quant à eux en très mauvaise posture.
Après les élections européennes, des membres influents du parti socialiste PASOK (S&D) ont ouvertement remis en question le leadership de leur dirigeant, Níkos Androulákis.
Ce dernier s’était fixé pour objectif d’arriver en deuxième position lors des élections, dépassant ainsi le parti de gauche SYRIZA. L’échec du PASOK à cet égard a conduit des personnalités importantes du parti à demander des élections internes pour changer de chef de file.
Vers un front progressiste ?
Le recul de la Nouvelle Démocratie n’a pas été exploité par les partis d’opposition qui, ensemble, ont pourtant réalisé un score supérieur à celui du parti au pouvoir. Ce constat a relancé le débat sur la nécessité pour les partis progressistes (SYRIZA, PASOK) d’unir leurs forces pour renverser les conservateurs qui détiennent le pouvoir depuis 2019 en Grèce.
Stéfanos Kasselákis a ouvertement invité, mercredi (12 juin), le PASOK à coopérer sur des propositions législatives.
« Commençons par cela. Il y a des questions sur lesquelles nous pouvons nous mettre d’accord », a-t-il déclaré.
Plusieurs membres du PASOK ont suggéré la même chose les jours précédents, mais le chef du parti, Níkos Androulákis, s’est abstenu de toute rhétorique de ce genre.
Les relations entre ce dernier et SYRIZA ne semblent pas au beau fixe.
En effet, lorsque Aléxis Tsípras, du parti SYRIZA, avait été invité en tant qu’observateur au sein du Parti socialiste européen (PSE), dont le PASOK est membre, Níkos Androulákis avait été fortement contrarié.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]