En tournée dans les Balkans, Merkel demande plus à la Serbie
Si le pays souhaite obtenir le statut de candidat à l’Union européenne, il doit améliorer ses relations avec le Kosovo, a déclaré la chancelière allemande, en visite à Belgrade.
Si le pays souhaite obtenir le statut de candidat à l’Union européenne, il doit améliorer ses relations avec le Kosovo, a déclaré la chancelière allemande, en visite à Belgrade.
De passage lundi 22 août à Zagreb, Angela Merkel a assuré la Croatie de son adhésion prochaine à l’Union européenne.
Plus que des arrestations
Pour la chancelière allemande, les récentes crises grecque, irlandaise ou portugaise ne changeront rien au calendrier. Les nouveaux entrants ne peuvent être pénalisés en raison des erreurs passées. Avant la fin 2013, la Croatie devrait donc devenir le 28e membre de l’UE.
Dans la foulée, elle s’est rendue à Belgrade, mardi 23 août, où son discours a été bien moins tendre.
Pour Angela Merkel, la Serbie doit faire plus que livrer d’anciens criminels de guerre au Tribunal pénal international si elle espère obtenir le statut de candidat officiel à l’UE.
Fin de la double administration
« Si la Serbie veut obtenir le statut de candidat, elle doit reprendre le dialogue (avec Pristina capitale du Kosovo, ndlr) et y engranger des résultats (…), ainsi que démanteler les structures parallèles », a martelé la chancelière.
Une allusion au maintien de l’administration de Belgrade dans le nord du Kosovo à majorité serbe (60 000 personnes) alors que l’indépendance a été déclarée depuis février 2008 et reconnue par de nombreux pays européens, dont l’Allemagne.
Reconnaitre EULEX
Les pourparlers, en place depuis mars dernier, mais sont au point mort. Ils devraient reprendre en septembre.
La dirigeante allemande a reconnu que tout ne pourrait être obtenu rapidement mais que des progrès étaient « possibles ». L’Allemagne souhaite aussi que la Serbie accepte la présence de la mission européenne EULEX au nord du Kosovo.
Tensions de l’été
Pour le premier ministre serbe, Boris Tadic, ouvertement pro-européen, obtenir pour son pays le statut de candidat officiel à l’UE serait une victoire politique. Mais le dossier de l’indépendance du Kosovo reste ultra sensible.
En juillet, des tensions avaient réapparu dans le nord de la province perdue quand des policiers kosovars albanophones avaient tenté de reprendre le contrôle de postes frontières. Les Serbes du Kosovo avaient alors violemment manifesté et un membre des forces de l’ordre de Pristina avait été tué.
Priorité polonaise
S’en étaient suivi plusieurs jours de tensions et l’envoi de renfort de l’OTAN sur place.
La Pologne considère le dossier serbe comme prioritaire et souhaite octroyer le statut de candidat à la Serbie d’ici la fin de sa présidence tournante de l’UE, le 31 décembre 2011.