Espagne : 8,4 millions d’euros de contrats publics irréguliers liés à l’épouse de Pedro Sánchez font surface
L’autorité espagnole de surveillance du Trésor affirme que l’agence publique du numérique, Red.es, a indûment favorisé un entrepreneur lié à l’épouse du Premier ministre Pedro Sánchez dans le cadre de deux appels d’offres publics pour un montant total de 8,4 millions d’euros, suscitant des inquiétudes sur un possible détournement de fonds européens.
MADRID — Ces conclusions figurent selon la presse dans un rapport de 303 pages soumis par l’agence espagnole au Parquet européen (EPPO), qui enquête sur l’entrepreneur Juan Carlos Barrabés et les responsables de Red.es depuis 2024 concernant des allégations de mauvaise gestion des fonds européens en 2021.
Selon le rapport, Red.es aurait « injustement » exclu une coentreprise plus compétitive afin d’attribuer les contrats à la société de Juan Carlos Barrabés, Innova Next. L’autorité espagnole de surveillance du Trésor note un « degré élevé d’opacité » dans le processus d’appel d’offres.
La Haute Cour de Madrid enquête actuellement sur Juan Carlos Barrabés dans le procès contre l’épouse du Premier ministre Pedro Sánchez, Begoña Gómez, elle-même visée par une enquête menée par la Haute Cour de Madrid.
Begoña Gómez est accusée de détournement présumé de fonds et fait également l’objet d’une enquête pour trafic d’influence, corruption commerciale, détournement de marque et intrusion durant son mandat de codirectrice de deux programmes de master et de chaire spéciale à l’Université Complutense de Madrid.
Juan Carlos Barrabés a nié les allégations le visant, déclarant l’année dernière devant le tribunal que ses rencontres avec Begoña Gómez étaient strictement liées à son poste de professeur à l’université.
L’Espagne est le deuxième bénéficiaire des fonds de relance post-pandémie de l’UE, ayant reçu jusqu’à présent 47,96 milliards d’euros de subventions et 340 millions d’euros de prêts sur un montant total de 724 milliards d’euros.
Ces révélations s’ajoutent aux scandales gravitant autour de Pedro Sánchez, déjà sous pression en raison d’affaires de corruption impliquant d’anciens ministres de son gouvernement et de hauts responsables de son parti, le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE), ainsi que des membres de sa famille.