EU Inc. a pour objectif de retenir les innovateurs de ce côté-ci de l'Atlantique

Un plan visant à faciliter la vie des start-ups dans toute l'Union européenne devrait être présenté mercredi

EURACTIV.com
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La Commission européenne présentera mercredi « EU Inc », un plan visant à faciliter la vie des start-ups dans toute l’Union. Mais ne vous attendez pas à un miracle.

L’un des principaux objectifs est d’endiguer la fuite des cerveaux vers les États-Unis. La proposition établit de nouvelles règles au niveau européen, permettant par exemple aux fondateurs de créer une nouvelle entreprise de manière entièrement numérique, en 48 heures et pour 100 euros.

À lui seul, ce changement constituerait un grand pas en avant pour remédier à l’actuel méli-mélo de réglementations.

L’objectif principal est d’inciter les investisseurs à financer de nouvelles entreprises européennes en facilitant les investissements. Au lieu de devoir se familiariser avec 27 réglementations nationales, ils n’auraient plus qu’à en comprendre une seule.

La pléthore de règles différentes a constitué un problème majeur pour l’écosystème technologique européen, qui est, comparé aux États-Unis, sous-financé. Cela signifie que, historiquement, les entreprises européennes ayant des idées nouvelles et innovantes choisissent souvent de s’installer aux États-Unis, car il est considéré comme plus facile d’y obtenir des financements.

Cependant, « EU Inc », comme on l’appelle désormais, ne va pas – et n’est pas censée – tout régler.

Les obstacles pour les entreprises qui envisagent de se développer au-delà des frontières de l’UE subsisteront, tels que la fragmentation du marché des capitaux ou les règles appliquées différemment par les autorités nationales.

Pour y remédier, il faudra que les capitales cèdent davantage de pouvoir à Bruxelles, ce qui s’est avéré difficile jusqu’à présent malgré les appels répétés des dirigeants en faveur d’une amélioration de la compétitivité européenne.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté ses plans pour EU Inc au début de son deuxième mandat en 2024.

L’idée a toutefois été popularisée par un groupe d’activistes européens du secteur des start-ups qui se sont rassemblés sous la bannière « EU Inc », dont Ursula von der Leyen a fini par reprendre le nom.

Peu après que le projet a été dévoilé, le groupe a commencé à faire pression sur la Commission pour qu’elle présente une proposition ambitieuse, soulignant que les capitales ne devaient bénéficier d’aucune marge de manœuvre dans la mise en œuvre des règles, car cela compromettrait fondamentalement l’objectif du projet EU Inc.

Les syndicats, en revanche, se sont montrés sceptiques à l’égard de ce projet.

Ils mettent en garde contre le risque que cela conduise à une perte d’influence des salariés au sein de leurs entreprises, influence qui est garantie dans certains pays de l’UE. Par le passé, les préoccupations relatives aux droits des travailleurs ont conduit à l’échec de propositions similaires.

La Commission a également choisi une stratégie juridique risquée pour tenter de faire adopter sa proposition ambitieuse par le Conseil sans avoir besoin de l’accord unanime des 27 capitales.

(vib, jp)