EXCLUSIF : L'UE souhaite que vous vous fassiez dépister plus tôt pour les maladies cardiaques

Bruxelles cite les produits à base de nicotine et l'alcool comme facteurs de risque spécifiques

/ EURACTIV.com
Une femme prend sa tension artérielle chez elle [Photo : Thomas Banneyer/picture alliance via Getty Images]

L’UE souhaite que la plupart des citoyens bénéficient d’un dépistage plus précoce des maladies cardiaques et d’autres pathologies associées, grâce à des outils numériques tout au long de leur vie, selon un nouveau document obtenu par Euractiv.

Bruxelles a lancé fin 2025 un plan visant à réduire le principal fardeau sanitaire de l’Union : les maladies cardiovasculaires. 

La Commission européenne va bientôt exhorter les pays à étendre le dépistage, avec de nouveaux objectifs visant à ce que les adultes âgés de 25 ans et plus fassent contrôler leur tension artérielle, leur taux de cholestérol et leur glycémie, selon les nouvelles recommandations du Conseil pour 2026, consultées par Euractiv.  

L’UE souhaite que ses gouvernements réduisent de 25 % les décès cardiovasculaires prématurés d’ici 2035.

« La détection précoce et le dépistage des maladies cardiovasculaires grâce à des bilans de santé sont essentiels à la prévention », indique le document.  

Pour atteindre ses objectifs, Bruxelles a fixé de nouveaux objectifs, détaillés dans l’annexe du document, afin que les différentes tranches d’âge bénéficient de bilans de santé réguliers réalisés par des professionnels de santé.

Pour les personnes âgées de 35 ans et moins, il est prévu qu’elles aient bénéficié d’« au moins un bilan de santé cardiovasculaire, comprenant différents marqueurs biologiques, l’indice de masse corporelle, les antécédents familiaux et les antécédents de santé mentale ».

Les personnes âgées de 35 à 64 ans devraient bénéficier d’examens systématiques tous les cinq ans, et celles âgées de 65 ans et plus tous les trois à cinq ans, avec des électrocardiogrammes et d’autres examens supplémentaires.

Toutefois, les recommandations suggèrent d’adapter les programmes aux besoins nationaux et locaux ainsi qu’aux différents risques sanitaires auxquels sont confrontés les citoyens.

Le commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, présentera les recommandations du Conseil lors d’une conférence de presse le 28 septembre à Bruxelles. 

Le document mentionne également des facteurs de risque spécifiques, tels que le sexe et le statut socio-économique, mais aussi la consommation d’alcool et les nouveaux produits à base de nicotine, notamment les cigarettes électroniques et les produits « sans fumée » destinés aux jeunes, comme les sachets de nicotine aromatisés, conformément aux demandes des associations de santé publique

Il ajoute qu’en raison des liens entre les maladies respiratoires et les problèmes cardiovasculaires – comme dans le cas de la Covid-19 –, les vaccins font également partie de la prévention.

Le plan précise également qu’il soutiendra l’utilisation d’outils basés sur l’intelligence artificielle pour identifier les personnes les plus à risque et améliorer la mise en œuvre des bilans de santé, ainsi que l’utilisation secondaire des données à des fins de recherche. 

Bien qu’il s’agisse pour l’instant de recommandations, les pays de l’UE ont été invités à rendre compte à Bruxelles dans les trois ans suivant leur adoption et à faire le point tous les quatre ans.

Les capitales discuteront de ce document en Irlande lors d’une réunion des ministres de la Santé.  

L’UE n’a pas proposé de nouveau financement pour ces mesures, mais Várhelyi a précédemment déclaré que le transfert des coûts des soins de santé vers la prévention permettrait de réaliser des économies substantielles.  

La Grèce fait partie des pays ayant testé un programme de dépistage auprès de 5,5 millions de personnes, mais de nombreux pays accusent un retard.

(aw)