Face à la criminalité suédoise qui s'exporte au Danemark, le retour des contrôles frontaliers est envisagé

Mercredi 7 août, le ministre danois de la Justice Peter Hummelgaard, a déclaré qu’il « n’excluait aucune possibilité » pour empêcher les adolescents criminels suédois d’entrer au Danemark. Une manière de répondre à leur implication croissante dans les activités criminelles du pays.

Euractiv.com
Danish Praliament first reading on bill to ban Koran burning
Le ministre danois de la Justice Peter Hummelgaard des sociaux-démocrates écoute pendant une session du Folketinget (parlement) danois au château de Christiansborg à Copenhague, Danemark, le 14 novembre 2023. [EPA-EFE/Mads Claus Rasmussen DANEMARK OUT]

Mercredi 7 août, le ministre danois de la Justice Peter Hummelgaard, a déclaré qu’il « n’excluait aucune possibilité » pour empêcher les adolescents criminels suédois d’entrer au Danemark. Une manière de répondre à leur implication croissante dans les activités criminelles du pays.

Le ministre a affirmé à la chaîne danoise TV2 que des contrôles frontaliers pourraient être mis en place de part et d’autre du détroit d’Øresund, qui sépare Copenhague de Malmö, la troisième plus grande ville de Suède, au sud du pays.

« Si la police estime qu’en raison de la situation, il est nécessaire d’utiliser des moyens totalement nouveaux pour une période plus ou moins longue, je pense que nous devrions être ouverts à cette possibilité », a évoqué Peter Hummelgaard.

Cette annonce intervient après l’arrestation par la police suédoise, mardi 6 août, d’un homme et d’une femme âgés de 24 ans, soupçonnés d’être à l’origine de l’explosion d’un kiosque à Copenhague. Il s’agit de la quatrième arrestation en moins d’une semaine impliquant des liens de part et d’autre du détroit d’Øresund.

Si la citoyenneté suédoise des deux personnes arrêtées n’a pas encore été confirmée, la police de Copenhague s’est abstenue de tout commentaire ce mercredi matin.

À trois reprises au cours de la semaine dernière, des jeunes Suédois auraient été impliqués dans des fusillades au Danemark, ce qui inquiète le ministre danois Peter Hummelgaard.

« Tous ces incidents traduisent le fait qu’il existe actuellement des conflits dans les milieux criminels des deux côtés de l’Øresund, où il est clair que la Suède est en mesure d’utiliser des méthodes complètement différentes de celles que nous avons vues jusqu’à présent au Danemark — en raison d’une culture criminelle corrompue — de l’autre côté du détroit », a indiqué le ministre de la Justice.

Toutefois, Peter Hummelgaard a précisé qu’il n’existe actuellement aucune preuve que des contrôles aux frontières auraient permis d’éviter le crime de la semaine dernière, mais insiste sur le fait que toutes les options doivent être envisagées.

Selon la chaîne danoise TV2, 11 autres affaires impliquant des citoyens suédois ont été recensées en moins d’un an — dont des cas de tentatives de meurtre et de complicité de meurtre, de déclenchement d’explosifs et de détention d’armes.

Le ministre danois de la Justice Peter Hummelgaard doit s’entretenir avec le commissaire national de la police et le directeur de l’unité nationale de lutte contre la criminalité organisée pour faire le point sur la situation.

Il a également annoncé que la police danoise allait intensifier sa coopération avec la police suédoise en affectant un officier permanent en Suède afin de « garantir une coopération encore plus permanente et efficace en matière de renseignement ».

Si l’espace Schengen — dont la Suède et le Danemark sont membres — favorise la libre circulation, les États membres ont le droit de réintroduire temporairement des contrôles aux frontières intérieures, pour faire face à des menaces graves à l’ordre public ou à la sécurité intérieure.

Ces contrôles doivent être justifiés par des circonstances exceptionnelles, être proportionnés et communiqués aux institutions européennes compétentes et aux pays voisins.

[Édité par Anna Martino et Sarah N’tsia]