Fièvre protectionniste chez les partenaires commerciaux de l’UE

Selon un rapport de la Commission, les mesures protectionnistes mises en place principalement par les pays émergents ont crû de 25% en huit mois.

EURACTIV.fr
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Selon un rapport de la Commission, les mesures protectionnistes mises en place principalement par les pays émergents ont crû de 25% en huit mois.

Malgré leur implication au G20 pour un dialogue entre nations, certains pays utilisent de plus en plus de mesures protectionnistes pour verrouiller leur économie.

Selon un rapport de la Commission présenté le 6 juin, 123 nouvelles mesures protectionnistes ont été enregistrées en huit mois (entre septembre 2011 et le 1er mai 2012), soit une hausse de 25%. En tout, 534 mesures auraient été adoptées depuis le début la crise, en octobre 2008. Seules 13 d’entre elles ont été abrogées.

Barrières à la frontière

Cette tendance protectionniste est particulièrement visible dans les économies émergentes. 

L’Argentine, la Russie, l’Indonésie et le Brésil puis la Chine sont, dans l’ordre, les pays qui ont instauré le plus de barrières susceptibles de limiter les échanges commerciaux depuis le début de la crise. 

Ces restrictions peuvent prendre diverses formes. Celles instaurées à l’entrée et à la sortie du pays (augmentation des taxes douanières, introduction de permis d’importation, etc.) représentent 50% des mesures protectionnistes mises en place depuis octobre 2008.

Les autres restrictions, comme l’introduction de normes nationales plus exigeantes pour la mise en circulation de certains produits, ou la nationalisation de certains secteurs, sont moins utilisées mais peuvent contraindre les exportateurs à se tourner vers d’autres clients. Les clauses de sauvegarde pour calmer les vagues d’importation sont aussi très utilisées. 

« Vache à lait »

La mesure protectionniste la plus contestée a été celle prise par l’Argentine en avril 2012. Le pays a décidé unilatéralement d’exproprier 51% des parts du groupe pétrolier espagnol Repsol de sa filiale argentine YPF. Le vice-ministre argentin de l’Économie, Axel Kicillof a justifié cette initiative en déclarant que Repsol prenait sa filiale « pour une vache à lait ».

La députée Marielle de Sarnez (Modem, ADLE) a présenté en mars dernier un rapport qui pointait les déséquilibres entre l’Union européenne et la Chine. Elle y dénonçait les mesures prises par Pékin pour limiter l’exportation des « terres rares », ces matériaux indispensables à la production de certains produits de haute technologie (téléphones portables, écrans plats…).

Le rapport de la Commission sera présenté lors de la prochaine réunion du G20 de Los Cabos au Mexique, qui aura lieu les 18 et 19 juin.