Fitch rassure la France mais s’inquiète de l’Italie
Selon l’agence de notation qui a mis sous surveillance négative la note triple A de la France le mois dernier, l’État français n’aura pas à intervenir pour renforcer le capital de ses banques. Dans le même temps, elle envisage de dégrader la note italienne.
Selon l’agence de notation qui a mis sous surveillance négative la note triple A de la France le mois dernier, l’État français n’aura pas à intervenir pour renforcer le capital de ses banques. Dans le même temps, elle envisage de dégrader la note italienne.
Après avoir déclaré qu’elle ne devrait pas abaisser sa note en 2012, Fitch offre une seconde note d’optimisme pour la France.
Optimisme
L’agence de notation estime en effet que le gouvernement n’aura pas besoin d’injecter des fonds dans les établissements bancaires français pour les recapitaliser. Selon un des responsables de la notation des émetteurs souverains de l’agence, David Riley, ils sont en mesure d’y arriver par leurs propres moyens.
« Nous ne croyons pas, et nous ne nous attendons pas à ce que l’État français ait besoin d’apporter un soutien en capital aux banques françaises », a dit David Riley.
Exposition périphérique
Si les banques françaises sont relativement peu exposées à leur dette souveraine nationale, elles l’ont été dans les pays de la zone euro en difficulté, comme l’Italie, la Grèce et l’Espagne.
Mais les nouvelles exigences en capital que leur imposent les régulateurs européens dans le cadre de Bâle III et les difficultés de lever des fonds sur les marchés de capitaux les ont conduites à alléger leur bilan et à se délester de leurs actifs décotés, dont les titres de dette des pays ’périphériques’ de la zone.
Menaces sur l’Italie
Fitch a aussi confirmé qu’il n’était pas prévu de dégrader la note souveraine française durant l’année 2012. « A court terme, le gouvernement français a pris de nombreuses mesures pour améliorer la crédibilité de ses objectifs » (de réduction des déficits), a constaté David Riley. Tout en ajoutant que « nous pensons toujours qu’ils n’atteindront pas leurs objectifs 2013 et 2014 ».
D’ici là, c’est l’Italie qui est dans le viseur de l’agence de notation. Lors de la même intervention, une possible dégradation a été évoquée d’ici la fin janvier 2012. « Notre inquiétude vient du fait que nous ne sommes pas sûrs que l’économie italienne puisse vivre avec des taux d’intérêt si élevés ». Les taux italiens se situent actuellement autour de 6,6%, mais la dernière adjudication réalisée par le pays a été concluante.
« Nous pensons que le gouvernement italien sera en mesure de se financer mais ça va être cher », a estimé le responsable de Fitch.