Flottement autour du renforcement du fonds de secours européen

L’Allemagne continue de bloquer et les dirigeants européens pourraient temporiser la décision qui devait être prise lors du sommet des 1er et 2 mars.

EURACTIV.fr

L’Allemagne continue de bloquer et les dirigeants européens pourraient temporiser la décision qui devait être prise lors du sommet des 1er et 2 mars.

Les Européens avaient promis de se prononcer à la fin de la semaine sur le renforcement du fonds de sauvetage. Aujourd’hui doté d’une force de frappe de 500 milliards d’euros, il pourrait atteindre 750 milliards d’euros en cumulant les fonds non utilisés du Fonds européen de stabilité financière.

Réunis à Mexico dimanche 26 février, les ministres des Finances du G20 ont rappelé la marche à suivre  : « Les pays de la zone euro vont réévaluer la force de leur dispositifs de soutien en mars. Cela fournira une donnée essentielle pour poursuivre l’examen de la mobilisation des ressources du FMI », écrivent-ils dans leur communiqué final.

En avril, les pays membres du G20 prévoient de se retrouver afin de discuter d’un pare-feu anti-crise qui pourrait atteindre 1500 milliards d’euros. Mais les Européens peinent à faire le premier pas, en raison des réticences allemandes.

Un responsable gouvernemental proche de la chancelière Angela Merkel a estimé le 26 février, que le mécanisme européen de stabilité (MES) disposait déjà des fonds adéquats et que Berlin ne voyait pas l’utilité d’une combinaison du MES et du FESF.

Un sommet en avril ?

Inteerogé par l’AFP, un responsable de la zone euro, sous couvert d’anonymat, n’exclut pas que celle-ci repousse sa décision sur l’augmentation de son Fonds de secours au mois d’avril pour la faire coïncider avec celle du FMI, « avec éventuellement convocation d’un sommet extraordinaire des dirigeants de la zone euro ».

Parallèlement au vote du 27 février sur le deuxième plan d’aide à la Grèce (130 milliards d’euros), les députés conservateurs allemands ont prévu d’adopter une motion hostile à tout renforcement du MES.

Jusqu’à présent, Angela Merkel s’est montrée déterminée à encadrer durement l’octroi des aides à la Grèce afin que le pays reste dans la zone euro. Mais les déclarations récentes d’un ministre allemand jettent le trouble sur les intentions du gouvernement.

« En dehors de l’Union économique monétaire, les chances de la Grèce de se régénérer et de devenir compétitive sont assurément plus grandes que si elle reste dans la zone euro », a avancéHans-Peter Friedrich, ministre allemand de l’Intérieur dans les colonnes du Spiegel samedi 25 février.