Fournisseurs et grande distribution se serrent les coudes face à la crise agroalimentaire

Lors du Comité de suivi hebdomadaire des relations commerciales, jeudi 31 mars, les fournisseurs de produits agroalimentaires et enseignes de la grande distribution ont signé une charte afin de se mettre d’accord sur les moyens de faire face à la crise.

Euractiv France
Supermarché
Rayon de supermarché [Shutterstock/non c] [non c]

Lors du Comité de suivi hebdomadaire des relations commerciales, jeudi 31 mars, les fournisseurs de produits agroalimentaires et enseignes de la grande distribution ont signé une charte afin de se mettre d’accord sur les moyens de faire face à la crise russo-ukrainienne.

Les hausse du cours des matières premières (céréales), des engrais, de l’énergie touchent l’ensemble des filières : les exploitations agricoles mais également l’ensemble des entreprises agroalimentaires et la grande distribution. Pour enfoncer le clou, l’Ouest de la France subit actuellement l’épidémie Influenza aviaire qui perturbe sérieusement les filières de la volaille et des œufs.

Le 16 mars dernier le gouvernement était venu en aide au secteur en annonçant le plan de résilience contenant des aides pour les industriels directement touchés par les augmentations des coûts de l’énergie, et des plans de soutien aux agriculteurs (aides sur le carburant, l’alimentation animale…).

« Ces acteurs ont […] un rôle essentiel à jouer dans la préservation de la souveraineté agroalimentaire, et dans ces circonstances exceptionnelles, la solidarité entre tous les acteurs de la filière agricole et agroalimentaire, doit prévaloir » est-il écrit en préambule de la charte, signée à l’issue de cette réunion autour des ministères de l’Économie, des Finances et de la Relance et de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Souplesse et transparence

La grande distribution s’engage, comme au moment de la crise Covid-19, à adapter et à renégocier ses contrats passés avec les producteurs en restant dans le cadre de la loi Egalim 2. En cas de non renégociation, les enseignes acceptent de « rentrer en négociations pour […] prendre en compte les surcoûts dus à la guerre en Ukraine ou à l’épidémie d’avian influenza. » Une souplesse qui sera également accordée aux industriels qui subissent aussi des difficultés (augmentation des prix des emballages, de l’énergie etc.)

De leur côté les fournisseurs s’engagent à faire preuve de transparence, à apporter « toute information sur les difficultés liées à l’approvisionnement. » Le cas échéant, les entreprises doivent aussi garantir « un traitement équitable des enseignes. » En contrepartie, ces dernières n’appliqueront pas de pénalités logistiques.

« Nous veillerons à la bonne application de ces engagements » a déclaré le ministre français de l’Agriculture Julien Denormandie sur Twitter. Même méfiance, quoique moins dissimulée, de la part de la présidente de la FNSEA Christiane Lambert : « Le dire c’est bien, le faire c’est mieux ! Les agriculteurs vérifieront. »