Frederiksen chancelle mais reste favorite pour un troisième mandat dans un Parlement fragmenté
Les élections anticipées ont fait chuter la popularité des sociaux-démocrates danois à son plus bas niveau depuis un siècle
COPENHAGUE – La décision de Mette Frederiksen de convoquer des élections anticipées à la suite des tensions autour du Groenland a valu aux sociaux-démocrates leur plus mauvais résultat depuis plus d’un siècle, mais lui a tout de même permis de se positionner pour un troisième mandat à la tête du gouvernement danois.
Avec 12 partis entrant au Parlement et seulement trois ayant obtenu plus de 10 % des voix, ces élections ont donné lieu à une législature très fragmentée, sans voie claire vers une majorité gouvernementale.
Ni le bloc de gauche ni celui de droite n’ont obtenu un soutien suffisant pour former un gouvernement, laissant au ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen et à son parti centriste, les Modérés, un rôle central.
« Le Danemark ressemble de plus en plus aux Pays-Bas », a fait remarquer Benny Engelbrecht, député social-démocrate et ancien ministre. Le parti de centre-gauche est arrivé en tête du scrutin avec environ 22 % des voix – son plus faible score depuis 1904 – mais avec un score presque deux fois supérieur à celui des Verts, arrivés en deuxième position.
« Je reste prête à assumer la responsabilité d’exercer les fonctions de Première ministre du pays », a annoncé Frederiksen à son arrivée au palais de Christiansborg mardi soir, tout en reconnaissant que les négociations de coalition s’annonçaient difficiles.
Pour les sociaux-démocrates, conserver le pouvoir reste l’objectif primordial, a confié un stratège du parti à Euractiv. Cela pourrait nécessiter le soutien des Modérés, bien que Rasmussen ait exclu toute coalition dépendant également du soutien de l’extrême gauche.
Les libéraux se retirent
Un soupir audible a parcouru la salle lors du rassemblement électoral du parti libéral Venstre à Christiansborg, alors que les sondages à la sortie des urnes indiquaient le pire résultat jamais enregistré par le parti.
Quelques heures plus tard, le chef du parti, Troels Lund Poulsen, a confirmé que Venstre ne reviendrait pas au gouvernement avec les sociaux-démocrates. « Être au gouvernement avec les sociaux-démocrates a coûté cher à Venstre », a-t-il déclaré à ses partisans. Il a plutôt suggéré que les Modérés pourraient s’allier à Venstre pour former une majorité de centre-droit, ou que le parti passerait dans l’opposition.
Un tel scénario semble peu probable. Le Parti populaire danois (d’extrême droite) a exclu toute coopération avec les centristes de Rasmussen. « Nous n’allons pas faire de Lars Løkke Rasmussen un ministre », a assuré le chef du parti, Morten Messerschmidt, ancien député européen, à Euractiv alors que les résultats tombaient.
Il a appelé le centre-droit à former une opposition unifiée, arguant que cela pourrait constituer une alternative crédible à Frederiksen et Rasmussen. Le député européen libéral Morten Løkkegaard s’est fait l’écho de cette position, indiquant à Euractiv que si une majorité de droite s’avérait inatteignable, le parti devrait « prendre le temps de se regrouper dans l’opposition ».
(cz)