Gaza : les propos de Donald Trump choquent l’Europe
Au réveil ce mercredi matin, les dirigeants européens ont pu découvrir la proposition discutable de Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien : déporter les Palestiniens, « prendre le contrôle » de la bande de Gaza et en faire « la Côte d’Azur du Proche-Orient ».
Au réveil ce mercredi matin, les dirigeants européens ont pu découvrir la proposition discutable de Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien : déporter les Palestiniens, « prendre le contrôle » de la bande de Gaza et en faire « la Côte d’Azur du Proche-Orient ».
Après les menaces d’envahir le Groenland et de s’emparer du canal de Panama, les déclarations fracassantes de Donald Trump semblent être devenues monnaie courante.
Le président américain veut maintenant « prendre le contrôle » de la bande de Gaza et déplacer les Palestiniens dans les pays voisins. Il a pour projet de créer des « milliers d’emplois » dans ce « morceau » de terre.
« Nous en serons les propriétaires et nous serons responsables du démantèlement de toutes les dangereuses bombes non explosées et autres armes qui se trouvent sur le site », a-t-il ajouté.
Mais qui vivra en Palestine, si ce n’est les Palestiniens ?
« Les peuples du monde », a affirmé Donald Trump lors de la conférence de presse.
La réplique sévère de l’Espagne
La déclaration du président américain n’a pas été bien accueillie en Espagne. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a indiqué que, pour son gouvernement, « Gaza est la terre des Palestiniens de Gaza ».
« Ils doivent rester à Gaza parce que Gaza fait partie du futur État palestinien sur lequel l’Espagne mise », a-t-il martelé lors d’une conférence de presse à l’issue d’un événement officiel à Madrid, a rapporté Europa Press.
Le ministre espagnol a également réitéré le soutien total de l’Espagne aux habitants de la bande de Gaza et a rappelé que la position de Madrid est que Gaza devrait faire partie de l’État palestinien.
L’Espagne a rejoint l’année dernière les 146 États membres des Nations unies qui reconnaissent l’État palestinien — aux côtés de la Norvège et de l’Irlande — et s’est engagée à continuer d’envoyer de l’aide humanitaire à Gaza.
Appels pour une solution à deux États
De son côté, la France a réitéré son opposition farouche aux propositions de Donald Trump. Dans un communiqué de presse, le ministère français des Affaires étrangères a qualifié tout déplacement forcé de « violation grave du droit international » et d’atteinte aux aspirations légitimes du peuple palestinien.
De telles actions, prévient la France, compromettraient les perspectives d’une solution fondée sur la coexistence de deux États. De plus, elles poseraient des risques de déstabilisation importants pour des alliés régionaux proches, tels que l’Égypte et la Jordanie, ainsi que pour le Proche-Orient dans son ensemble.
Varsovie a fait des commentaires similaires. Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Andrzej Szejna, a déclaré mercredi à la radio RMF FM que la Pologne était favorable à une solution à deux États: « Tout comme nous disons que nous ne pouvons pas décider de l’Ukraine sans l’Ukraine, nous ne pouvons pas décider de la Palestine sans les Palestiniens ».
Il a toutefois félicité Donald Trump et l’administration précédente pour avoir permis d’obtenir un cessez-le-feu en si peu de temps.
Une fois n’est pas coutume, l’Allemagne est restée pragmatique. Le porte-parole du gouvernement, Steffen Hebestreit, a déclaré que Berlin « travaillait intensément à une solution à deux États », ajoutant qu’il « attendra de voir comment la situation évolue après les premières déclarations faites aux États-Unis et ne fera de commentaires que lorsqu’elle sera plus concrète ».
Au sud de l’Europe, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a déclaré aux commissions des Affaires étrangères des deux chambres du Parlement que la Jordanie et l’Égypte s’étaient opposées à l’évacuation des civils de Gaza. Il estime que la solution présentée par Donald Trump pourrait donc être « difficile à mettre en œuvre ».
« Nous sommes pour deux peuples, deux États, j’ai dit que nous étions même prêts à envoyer des militaires italiens pour une mission de réunification de Gaza avec la Cisjordanie. Le gouvernement n’a pas changé d’avis », a-t-il souligné.
L’offensive militaire israélienne à Gaza, qui fait suite à l’attaque du Hamas du 7 octobre qui a tué 1 200 Israéliens, a jusqu’à présent tué près de 46 000 personnes et déplacé plus de 2 millions de personnes dans la bande de Gaza. Il est toutefois difficile d’obtenir une estimation précise, une enquête publiée dans le The Lancet medical journal suggérant que les chiffres pourraient être sous-estimés de 41 %.
(AB/AM)