Grand écart dans la prise en charge des demandeurs d’asile en Europe
La France est le pays européen qui enregistre le plus de demandes, mais pas celui qui accorde le plus de permis de séjour aux candidats à l’asile.
La France est le pays européen qui enregistre le plus de demandes, mais pas celui qui accorde le plus de permis de séjour aux candidats à l’asile.
L’Hexagone est le pays le plus sollicité par les demandeurs d’asile dans l’UE.
Selon Eurostat, l’office européen de statistiques, les autorités françaises ont reçu 76 765 demandes en 2011. Mais seuls 14% d’entre elles, soit 10 740 personnes, ont reçu un avis favorable. Les ressortissants en provenance du Sri Lanka, de Russie et du Kosovo, sont particulièrement représentés.
3ème pays à accepter le plus de demandeurs d’asile, la France est devancée par l’Allemagne et le Royaume-Uni, en première position.
L’Italie, qui avait demandé à ses partenaires européens de l’aider lorsqu’elle connaissait des pressions migratoires provoquées par les révolutions dans les pays arabes, a rendu 7 485 décisions positives sur 25 655 demandes, soit 30% de réponses positives.
La Grèce, dont les frontières sont très étendues, garde une approche très restrictive. Sur 9295 demandes reçues l’an dernier, seules 6,2% ont abouti.
Eurodac
En avril 2011, l’Italie avait fait savoir qu’elle avait décidé d’octroyer « des permis de séjour temporaires pour protection humanitaire » qui permettraient aux migrants tunisiens de circuler dans l’espace Schengen. Controversée au plan juridique, cette décision avait provoqué la colère de ses voisins européens, France en tête, craignant une vague d’immigration.
La Commissaire aux Affaires intérieures Cécilia Malmström a présenté des propositions au début du mois de juin pour réformer EURODAC, le système d’enregistrement des données des demandeurs d’asile. Cette base serait utilisée pour faciliter la transmission des informations (empreintes digitales) sur les migrants aux « services répressifs nationaux dans des circonstances strictement limitées et spécifiques » pour prévenir les « infractions les plus graves et les actes de terrorisme ».
La Commission souhaite ainsi créer un système d’asile européen commun, et transférer le poids que représente la gestion des frontières aux autres pays européens. La Grèce et l’Italie sont les pays qui doivent gérer les flux d’immigration les plus importants aux portes de l’Europe.