Grèce : l’eurodéputé Nikólaos Farantoúris candidat pour prendre la tête de SYRIZA

Pour l’eurodéputé Nikólaos Farantoúris, le parti de gauche SYRIZA devrait mettre fin à ses divisions et s’ouvrir à d’autres forces progressistes. Ce dernier a expliqué à Euractiv être prêt à prendre la direction du mouvement.

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Nikólaos Farantoúris au Parlement européen à Strasbourg. [Parlement européen]

Pour l’eurodéputé Nikólaos Farantoúris, le parti de gauche SYRIZA (La Gauche, GUE/NGL) devrait mettre fin à ses divisions et s’ouvrir à d’autres forces progressistes. Ce dernier a expliqué à Euractiv être prêt à prendre la direction du mouvement.

Le mouvement de gauche SYRIZA est en crise depuis des mois, alors que le chef du parti Stéfanos Kasselákis semble incapable de consolider son autorité après en avoir pris la tête en septembre 2023, en remplacement de l’ancien Premier ministre Aléxis Tsípras et après le « grand divorce » de novembre 2023. Une motion de censure pourrait même bientôt être lancée, suggèrent des médias locaux.

Parallèlement à ces luttes internes, le parti au pouvoir en Grèce, Nouvelle Démocratie (Parti populaire européen), semble en chute libre dans les sondages, passant de 29 % lors des élections européennes de juin dernier à 21,6 % des intentions de vote.

Difficile cependant pour l’opposition de gauche de capitaliser sur ces voix perdues par la droite. D’après les sondages, SYRIZA plafonne à 8,5 % des suffrages et est devancé par le PASOK (Socialistes et Démocrates européens), avec 10,5 % des intentions de vote.

La pression est donc en train de monter pour que ces deux mouvements unissent leurs forces et contestent la domination du Premier ministre Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle Démocratie). À ce jour, aucune initiative d’envergure n’a cependant été prise pour initier un rapprochement.

Mettre fin aux discordes intestines de SYRIZA

Nikólaos Farantoúris est un eurodéputé du parti SYRIZA et siège au Parlement européen au sein du groupe de La Gauche. Membre du groupe fédéraliste Spinelli, il explique à Euractiv que la gauche, qui a inspiré le fédéralisme européen, ne doit pas « se complaire dans l’introversion, les contradictions internes, les divisions et le dogmatisme ».

« Je crois en cette gauche comme un rempart face à l’extrême droite en Europe et en Grèce » affirme-t-il.

Se référant à l’agitation qui secoue actuellement SYRIZA, Nikólaos Farantoúris explique qu’il est temps de sortir de la « longue spirale d’introversion, de dépréciation et de décadence qui dure depuis un an ».

La semaine dernière, une source proche de Stéfanos Kasselákis a confié à Euractiv que depuis les élections européennes, « certains ont fait pression pour un front de centre gauche plus large et pour se rapprocher du PASOK ou d’autres […] sans aucune condition [liée à l’agenda politique] ou à Stéfanos Kasselákis en tant que leader de SYRIZA. »

Pour Nikólaos Farantoúris, un débat avec d’autres forces progressistes est nécessaire. Mais SYRIZA doit pour cela se réveiller « en confiance », afin de prendre l’initiative de ces rapprochements.

Ce dernier revendique l’héritage du gouvernement d’Aléxis Tsípras (janvier 2015-juillet 2019), et celui de SYRIZA, le « plus grand parti de gauche d’Europe », « l’héritage d’un parti qui a consolidé la stabilité des Balkans et du sud-est de la Méditerranée, sorti la Grèce des mémorandums avec des coffres pleins et protégé l’État providence. »

Évoquer le gouvernement d’Aléxis Tsípras ne devrait pas plaire à Stéfanos Kasselákis, dont les relations avec l’ancien Premier ministre ne sont pas au beau fixe. Des sources proches de l’actuel responsable de SYRIZA estiment même que les divisions du parti sont provoquées par des proches d’Alexis Tsipras.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]