Grèce : report de la réunion de l'Eurogroupe

Les ministres des finances de la zone euro ont abandonné l'idée d'organiser une réunion aujourd'hui (15 février) sur le nouveau renflouement international de la Grèce. Ils affirment en effet que les chefs de parti à Athènes n'ont pas encore fournit suffisamment de garanties quant à leur engagement envers la mise en œuvre des réformes.

EURACTIV.com / Reuters
Antonis Samaras
Antonis Samaras

Les ministres des finances de la zone euro ont abandonné l'idée d'organiser une réunion aujourd'hui (15 février) sur le nouveau renflouement international de la Grèce. Ils affirment en effet que les chefs de parti à Athènes n'ont pas encore fournit suffisamment de garanties quant à leur engagement envers la mise en œuvre des réformes.

Alors que l'Union européenne commence réellement à perdre patience, les ministres ont décidé d'organiser une conférence téléphonique au lieu d'une réunion. Il est dès lors presque certain qu'ils n'approuveront pas l'octroi du renflouement de 130 milliards d'euros à la Grèce qui en a cruellement besoin d'ici au mois de mars si elle veut éviter la faillite.

Les ministres de l'Eurogroupe ont expliqué que la Grèce n'avait pas précisé la manière dont elle réduirait son budget de 325 millions d'euros supplémentaires comme promis pour 2012 et qu'elle n'était pas parvenue à convaincre les dirigeants de signer un engagement envers l'application des mesures d'austérité, et ce peu importe le résultat des élections en avril prochain.

Une source au gouvernement a déclaré mardi qu'Antonis Samaras, qui sera sans doute le prochain premier ministre, signerait cet engagement mercredi matin, fleuretant à nouveau avec les dates butoirs, ce qui énerve les dirigeants européens.

M. Samaras a critiqué les mesures que le parlement a adoptées lundi et des émeutiers ont mis à sac plusieurs bâtiments dans le centre d'Athènes. Il a affirmé que ces réductions budgétaires pourraient faire s'effondrer le pays, déjà dans sa cinquième année de récession.

Lorsque le parlement a débattu des mesures d'austérité dimanche, il a indiqué qu'il tenterait de renégocier les conditions du renflouement, ce qui n'a fait que semer davantage le doute dans l'esprit des dirigeants européens.

Pas de signature

« Jusqu'à présent, M. Samaras ne s'est pas officiellement engagé, et c'est un problème », a affirmé à Reuters une source proche des négociations sur le renflouement, sous le couvert de l'anonymat. Le parti Nouvelle démocratie de M. Samaras n'a pas souhaité commenter ces affirmations.

Le temps presse pour la Grèce qui risque un défaut de paiement désordonné si elle ne parvient pas à rembourser 14,5 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance le 20 mars. La stratégie du bord de l'abîme employée par les autorités grecques a forcé certains leaders européens à envisager la sortie d'Athènes de la zone euro.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a toutefois déclaré à Beijing que les dirigeants feraient tout ce qui était en leur pouvoir pour que la zone euro conserve ses 17 membres, « car au coeur de ce projet se trouve la paix, la prospérité et la démocratie dans l'Union européenne ».

M. Van Rompuy s'est rendu en Chine avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour tenter de s'assurer que les Chinois investiront dans une Europe en péril. Les deux leaders ont présenté l'image d'une Union stable qui s'est engagée à protéger ses membres.

La Chine a affirmé qu'elle ne réduirait pas la part d'euros dans ses réserves, maintenant sa position. Toute intervention plus importante pour tenter d'enrayer la crise de la dette se fera via le Fonds monétaire international et le Fonds européen de stabilité financière (FESF), a déclaré le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, lors d'un discours prononcé dans une université.

Réunion tardive

Le gouvernement grec a négocié jusque tard dans la soirée mardi pour tenter de résoudre le problème des 325 millions d'euros manquants dans les 3,3 milliards d'euros de réductions budgétaires promises par le gouvernement pour cette année.

L'UE et le FMI souhaitent que la Grèce s'engage fermement pour chaque centime des réductions budgétaires avant d'approuver le renflouement qui implique également un échange d'obligations qui devrait réduire de 70 % la valeur des obligations aux mains du secteur privé.

Tout n'est pas perdu. La Banque centrale européenne a en effet décidé de distribuer les recettes générées par ses obligations grecques aux Etats membres qui pourraient à leur tour décider de reverser ces recettes à Athènes dans le cadre d'un accord sur la dette, a déclaré un membre du Conseil des gouverneurs, Luc Coene.

Mais la débâcle économique de la Grèce ne fait qu'empirer. Des données publiées mardi montrent que l'économie s'est contractée de 7 % au quatrième trimestre de l'année dernière, contre 5 % au trimestre précédent.