Grippe aviaire : la Commission harmonise les règles relatives à la vaccination animale
Dans le cadre des efforts déployés pour faire face à la plus grande épidémie de grippe aviaire observée à ce jour dans l’UE, la Commission européenne a annoncé de nouvelles règles visant à uniformiser la vaccination des animaux contre les maladies les plus grave.
Dans le cadre des efforts déployés pour faire face à la plus grande épidémie de grippe aviaire observée à ce jour dans l’UE, la Commission européenne a annoncé de nouvelles règles visant à uniformiser la vaccination des animaux contre les maladies les plus grave.
La grippe aviaire est une maladie virale hautement contagieuse qui touche principalement les volailles et les oiseaux aquatiques sauvages. Il existe deux souches du virus : l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et l’influenza aviaire hautement pathogène (IAFP).
L’année dernière, l’Europe a été frappée par la plus grande vague de grippe aviaire jamais enregistrée. Le dernier rapport trimestriel de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) fait état d’un nombre sans précédent de foyers entre octobre 2021 et septembre 2022 dans 37 pays européens, avec pour conséquence l’abattage de 50 millions d’oiseaux dans les établissements touchés.
Les règles relatives à la vaccination, annoncées lundi (20 février), permettent une harmonisation du recours à la vaccination dans le cadre des efforts visant à prévenir ou à contrôler la propagation de la maladie.
Cela permettra « des transports sans risque d’animaux et de produits provenant d’établissements et de zones où la vaccination a eu lieu », peut-on lire dans un communiqué de la Commission.
La commissaire européenne chargée de la Santé et de la Sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, a déclaré que la lutte contre la grippe aviaire est au « cœur des priorités » de la Commission.
« Ces foyers causent d’énormes dommages à ce secteur et entravent les échanges commerciaux », a-t-elle noté dans un communiqué.
L’Association européenne des transformateurs de volaille et du commerce de la volaille (AVEC) salue l’évolution vers un cadre européen commun pour la vaccination. Elle explique que, compte tenu de l’évolution du virus au cours des dernières années, il sera « de plus en plus difficile de contrôler l’IAHP sans vaccination ».
Toutefois, l’association avertit que la vaccination n’est « pas la solution qui résoudra le problème de la grippe aviaire une fois pour toutes ».
« Elle peut faire partie d’une stratégie — mais de nombreuses autres mesures doivent également être prises », a confié Birthe Steenberg, secrétaire générale de l’AVEC, à EURACTIV.
Par exemple, des programmes de surveillance rigoureux pour superviser l’efficacité des stratégies de vaccination doivent être mis en place, mais ils seront « coûteux » pour le secteur.
Ces mesures doivent être considérées comme nécessaires pour la société dans son ensemble, de sorte que le coût ne sera pas uniquement supporté par les producteurs de volaille, a expliqué Mme Steenberg, ajoutant qu’il est également nécessaire d’examiner le marché afin d’éviter les barrières commerciales en raison de la vaccination.
De son côté, Roxane Feller, secrétaire générale d’AnimalhealthEurope, qui représente les fabricants de médicaments et de vaccins pour animaux en Europe, estime qu’une « évaluation par les différents acteurs des possibilités d’utilisation des vaccins pendant certaines saisons pour assurer une meilleure protection des volailles menacées par les foyers d’IAHP est clairement nécessaire ».
« L’industrie de la santé animale est prête à contribuer aux campagnes de vaccination si et quand le besoin s’en fait sentir, à condition que les autorités et les gouvernements fournissent des orientations claires avec des délais compatibles avec le développement et la fabrication de vaccins », a-t-elle poursuivi.
Les nouvelles règles, qui sont conformes aux normes internationales de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), entreront en vigueur le 12 mars.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]