Inquiétudes des ministres pour la biodiversité [FR]

Hier (25 juin), les ministres européens de l’environnement ont appelé à une meilleure évaluation des politiques européennes de protection de la biodiversité et ont demandé une intégration des « services écosystémiques » dans les politiques des Vingt-sept afin de mesurer ce qui cause la diminution de la biodiversité.

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Hier (25 juin), les ministres européens de l’environnement ont appelé à une meilleure évaluation des politiques européennes de protection de la biodiversité et ont demandé une intégration des « services écosystémiques » dans les politiques des Vingt-sept afin de mesurer ce qui cause la diminution de la biodiversité.

Lors d’une rencontre à Luxembourg, les ministres se sont déclarés extrêmement inquiets par la récente évaluation de la Commission européenne, selon laquelle l’UE n’atteindra probablement pas son objectif  de mettre fin à la perte de biodiversité en 2010. 

Pour s’attaquer à cette sombre situation, ils ont suggéré d’examiner l’impact du développement rural de l’UE et des politiques en matières de pêcheries sur la biodiversité, et ont demandé à la Commission d’évaluer l’efficacité du réseau NATURA 2000 de zones protégées. 

Les ministres ont également exhorté à une meilleure utilisation de la Politique agricole commune pour renforcer la conservation de la biodiversité. L’UE et ses Etats membres doivent aussi envisager une réduction de la pression subie par les pêcheries à des « niveaux durables » lors de la réforme à venir de la Politique commune de la pêche (PCP).

La question des « biens et services écosystémiques » devraient être davantage intégrée dans les politiques et programmes des secteurs pertinents aussi bien au niveau national qu’européen, ont déclaré les ministres, en ajoutant que cela contribuerait à mesurer les causes de la perte de biodiversité dans différents secteurs. 

Les ministres ont aussi  lancé un appel à une meilleure compréhension de l’impact de la baisse de la biodiversité sur la consommation de produits comme la viande, le soja et l’huile de palme.

En l’absence de réelles évaluations et de garde-fous environnementaux adéquats, les ministres ont aussi exprimé leurs inquiétudes sur l’impact de la production des biocarburants sur la biodiversité, la sécurité alimentaire et le climat ; ils ont souligné le besoin de critères de durabilité pour les biocarburants.

Globalement, la biodiversité devrait être rationalisé dans les stratégies de développement, aussi bien dans les pays donneurs que receveurs, ont-ils ajouté. 

Des espèces exotiques envahissantes

Les ministres ont aussi réagi à la communication de la Commission sur les options politiques pour la mise en place d’une stratégie européenne sur les espèces exotiques envahissantes (EEE), publiée en décembre 2008. 

Ils ont demandé à l’exécutif de l’UE de préparer une stratégie spécifique avant 2010, qui comprendra des mesures de prévention, y compris les aspects commerciaux, de détection précoce, d’avertissement, de réponse rapide, ainsi que de surveillance et de contrôle, et de restauration de la biodiversité affectée par les EEE.   

Fixer le prix des écosystèmes

Avec l’échec de l’UE à remplir ses objectifs de protection de la biodiversité, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) lance un appel à l’intégration des mesures de protection dans les politiques agricoles, forestière et de la pêche, et à une fixation des prix des biens et services en accord avec leur véritable impact sur l’environnement.

Le prix actuel des biens et services ne reflète pas leur impact sur les écosystèmes qui les soutiennent, selon l’agence. L’AEE croit en la nécessité d’une meilleure responsabilité envers l’écosystème, qui indiquerait la vraie valeur du capital naturel que nous appauvrissons par notre activité économique. 

L’agence demande instamment à l’UE d’intégrer la biodiversité et les écosystèmes dans des secteurs clés tels que l’agriculture, la sylviculture et la pêche.