Italie : des militantes féministes accusent Giorgia Meloni de ne pas défendre le droit à l'avortement
Une procession de militantes féministes a arboré une bannière dimanche à Rome, sur laquelle il était écrit « Nous mangeons ton cœur » et « Fasciste Meloni, nous te ferons la guerre ».
Des militantes féministes ont arboré une bannière dimanche à Rome, sur laquelle il était écrit « Nous mangeons ton cœur » et « Fasciste Meloni, nous te ferons la guerre ». Des slogans ont également été lancés à l’encontre de la Première ministre italienne, qui, selon elles, ne protège pas suffisamment le droit à l’avortement.
La manifestation visait à dénoncer les violences faites aux femmes et à soutenir les Iraniennes qui luttent pour leurs droits, mais s’est également révélée être l’occasion de critiquer la position du gouvernement au sujet du droit à l’avortement.
« Gouvernement de Mme Meloni préparez-vous à trembler, nous sommes prêtes à nous battre », criaient certaines des manifestantes. Elles racontaient par ailleurs avoir été identifiées par la police qui tentait de réquisitionner la bannière qu’elles brandissaient.
Une solidarité a toutefois été affichée à l’égard de Mme Meloni par l’ensemble du personnel politique proche du gouvernement de droite conservatrice.
« Il s’agit d’une menace grave pour laquelle nous exigeons la ferme condamnation de toutes les forces politiques à commencer par celles de gauche », déclare Daniela Santanchè, ministre du Tourisme.
« Ce qui s’est passé est inquiétant car cela alimente un climat de haine et s’ajoute à une liste d’intimidations, de menaces et de vulgarité à l’encontre de la Première ministre », a indiqué la sous-secrétaire à la Défense Isabella Rauti.
Le droit à l’avortement en Italie
En Italie, les femmes peuvent demander une interruption volontaire de grossesse dans les 90 premiers jours de gestation pour des raisons sanitaires, économiques, sociales ou familiales.
Pour ce qui est de la méthode médicamenteuse, il est possible de se procurer les pilules nécessaires à partir de la neuvième semaine de gestation dans les établissements publics de soins ambulatoires.
La loi est claire sur la procédure à suivre, mais en pratique, plusieurs enquêtes ont rapporté qu’il est complexe pour de nombreuses femmes d’accéder à ce service. Cette situation est principalement due à l’objection de conscience, qui demeure le choix des médecins.
En 2016, le Conseil de l’Europe a rendu un arrêt suite à une plainte affirmant qu’en Italie, les femmes rencontrent des « difficultés considérables » pour accéder aux services d’interruption de grossesse, portant ainsi atteinte à leur droit à la santé.
Giorgia Meloni a précisé à plusieurs reprises, notamment dans son programme électoral, qu’elle n’avait pas l’intention d’abolir la loi réglementant le droit à l’avortement (N. 194, 1978) en Italie et qu’elle entendait l’appliquer « pleinement ».