Migrations : les centres albanais de l’Italie sur le point de devenir les premiers « hubs de retour » de l’UE

L’Italie affirme que l’accord conclu lundi 8 décembre par les ministres de l’Intérieur de l’UE sur plusieurs volets clés du Pacte migratoire va enfin lui permettre de rendre opérationnels ses deux centres de traitement des demandes d’asile en Albanie — un projet resté bloqué pendant des mois par des revers juriques.

EURACTIV.com
9° Raduno Nazionale Dell’ANPS (Associazione Nazionale Polizia Di Stato)
Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Piantedosi. [Getty Images/Massimo Bertolini_NurPhoto]

« Les centres en Albanie se positionnent désormais fermement pour reprendre toutes les fonctions pour lesquelles ils ont été conçus », a déclaré le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, en marge d’une réunion des ministres de l’UE à Bruxelles lundi.

Ils serviront « de centres de détention pour la mise en œuvre de procédures frontalières accélérées et, surtout, deviendront le premier exemple des “centres de retour” explicitement mentionnés dans l’un des règlements récemment adoptés ».

Créés à l’origine dans le cadre du protocole Italie-Albanie de 2023, les centres de Shëngjin et Gjadër étaient destinés à accueillir des migrants adultes de sexe masculin provenant de « pays sûrs » secourus en mer, à traiter rapidement leurs demandes et à organiser leur retour.

Mais depuis leur lancement prévu en octobre dernier, les tribunaux italiens ont à plusieurs reprises annulé les ordonnances de détention et contesté la désignation de « pays sûr » pour certaines nationalités, portant l’affaire devant la plus haute juridiction de l’UE.

Lundi, les ministres européens de l’Intérieur, réunis au Conseil de l’UE, ont approuvé une révision de la notion même de « pays tiers sûr », qui faciliterait le rejet des demandes d’asile et permettrait les expulsions vers des pays par lesquels le demandeur n’a fait que transiter.

Les ministres ont également conclu un accord sur le règlement relatif aux retours, qui permet aux pays de créer des « centres de retour » pour les migrants en dehors du territoire de l’Union, et ont finalisé la première liste commune de l’UE des pays d’origine sûrs. Cette dernière accélère le traitement des demandes d’asile des ressortissants du Bangladesh, de Colombie, d’Égypte, d’Inde, du Kosovo, du Maroc et de Tunisie, ainsi que des pays candidats à l’adhésion à l’UE.

L’Italie « a joué un rôle important dans l’approbation de ces règlements et dans la mise au centre du débat de ces questions », a déclaré Matteo Piantedosi. Le résultat est « très satisfaisant » pour Rome.