Jeliou Jelev : le conflit de nom de la Macédoine est pervers

Bloquer le démarrage des discussions d'adhésion à l'UE de la Macédoine en raison du conflit de nom avec la Grèce est pervers, car il est inadmissible pour un pays de ne pas pouvoir choisir le nom qu'il veut, a dit Jeliou Jelev, premier président bulgare démocratiquement élu, à EURACTIV dans un entretien exclusif.

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Bloquer le démarrage des discussions d'adhésion à l'UE de la Macédoine en raison du conflit de nom avec la Grèce est pervers, car il est inadmissible pour un pays de ne pas pouvoir choisir le nom qu'il veut, a dit Jeliou Jelev, premier président bulgare démocratiquement élu, à EURACTIV dans un entretien exclusif.

Il est inadmissible que l'Union européenne décide pour le compte d'un autre pays via un vote organisé dans ses cercles, a déclaré M. Jelev, fondateur et président du Club Politique des Balkans, une ONG qui rassemble des politiciens de premier plan et des intellectuels du sud est de l'Europe.

La Grèce cherche seulement des arguments contre l'adhésion de la Macédoine. C'est dangereux, et cela crée des tensions en Macédoine entre les Albanais et les Macédoniens, a dit M. Jelev, en référence à la population majoritaire d'origine slave et la minorité ethnique albanaise considérable.

M. Jelev s'est prononcé fermement en faveur de l'adhésion de la Turquie à l'UE, et a critiqué la Grèce pour chercher à exacerber le problème chypriote, moyen pour elle de laisser cette question hors de l'agenda européen.

L'ancien président bulgare a également rejeté les propos tenus en France et en Allemagne selon lesquels la Turquie serait un pays trop grand et pourrait faire de l'ombre à Paris et à Berlin au Conseil de l'UE et au Parlement européen. Ce sont les groupes politiques qui sont importants au Parlement, a-t-il affirmé.

Lorsqu'on lui a demandé si ses opinions étaient personnelles, il a répondu que c'était l'avis de la majorité des Etats membres de l'UE.

Il a été interrogé sur l'évaluation de ses deux mandats en tant que président, de 1990 à 1997, et a répondu qu'il était surtout fier d'avoir aidé à préserver la paix entre les groupes ethniques.

Le régime communiste de Todor Zhivkov a mené une campagne d'assimilation forcée et de nettoyage ethnique dans les années 1980, qui a culminé au moment de la déportation forcée de 360 000 Turcs bulgares en Turquie pendant l'été 1989, quelques mois avant la chute du régime.

M. Jelev – qui s'est exprimé à Paris lors d'une conférence marquant le 20ème anniversaire de la Table Ronde, qui a ouvert la voie pour la transition pacifique du pays vers la démocratie et l'économie de marché – a dit qu'il était inquiet de voir des forces politiques telles que le parti extrémiste Ataka recommencer à jouer la carte nationaliste.

Ataka détient 21 sièges sur 240 au Parlement bulgare et est un partenaire officieux du parti dirigeant GERB, dirigé par le premier ministre Boyko Borissov, qui est affilié au Parti Populaire Européen.

M. Jelev a également dit qu'il craignait que le gouvernement de M. Borissov n'ait pas de stratégie pour sortir le pays de la crise.

Pour lire cet entretien dans son intégralité (en français), cliquez ici.