Joe Biden à Vladimir Poutine : les États-Unis ne veulent pas détruire la Russie

Les États-Unis souhaitent la victoire de l’Ukraine, mais ne cherchent pas à contrôler ou à détruire la Russie, a déclaré le président des Etats-Unis Joe Biden, niant les propos de Vladimir Poutine, qui a accusé l’Occident de rechercher « la défaite stratégique de la Russie ».

EURACTIV.com avec agences
US president Joe Biden visits Poland
« Les États-Unis et les nations d’Europe ne cherchent pas à contrôler ou à détruire la Russie. L’Occident ne complote pas pour attaquer la Russie, comme l’a dit M. Poutine aujourd’hui. Et des millions de citoyens russes qui veulent seulement vivre en paix avec leurs voisins ne sont pas nos ennemis ». [EPA-EFE/Piotr Nowak ]

Les États-Unis souhaitent la victoire de l’Ukraine, mais ne cherchent pas à contrôler ou à détruire la Russie, a déclaré le président des Etats-Unis Joe Biden. Il tenait de tels propos en réaction aux déclarations de Vladimir Poutine, qui avait brandi la menace d’une guerre nucléaire et accusé l’Occident de rechercher « la défaite stratégique de la Russie ».

M. Biden a déclaré à Varsovie mardi (21 février) que l’Ukraine « reste forte » un an après l’invasion de la Russie et que Moscou ne la vaincra jamais, quelques heures après que le Kremlin a suspendu un traité historique de contrôle des armes nucléaires, le New Start, en raison du soutien des Etats-Unis à Kiev.

Les remarques de M. Biden, dans un discours prononcé au Château royal de Varsovie, en Pologne, après sa visite surprise en Ukraine, faisaient écho au discours prononcé le matin même par le président russe Vladimir Poutine, dans lequel il jurait que Moscou atteindrait ses objectifs en Ukraine et accusait l’Occident de comploter pour détruire la Russie.

En effet, accusant les États-Unis de transformer la guerre en Ukraine en un conflit mondial, M. Poutine a déclaré que la Russie suspendait sa participation au traité New Start, le dernier grand traité de contrôle des armements conclu avec Washington.

Le président russe a brandi la menace d’une guerre nucléaire en accusant l’Occident de menacer l’existence même de son pays. En effet, selon la doctrine nucléaire russe, Moscou serait prêt à utiliser son arsenal nucléaire en cas de « menace existentielle » contre le pays.

« Les élites occidentales ne font pas mystère de leur objectif : infliger — comme ils le disent et je cite — “la défaite stratégique de la Russie”. Qu’est-ce que cela signifie ? En finir une fois pour toutes avec nous. Elles ont l’intention de transformer un conflit régional en une confrontation mondiale. Nous réagirons en conséquence, car dans ce cas, il s’agit de la survie de notre pays », a déclaré Vladimir Poutine, selon la transcription du Kremlin de son discours sur l’état de la nation.

« Mais ils ne peuvent pas non plus ignorer qu’il est impossible de vaincre la Russie sur le champ de bataille », a-t-il ajouté.

M. Poutine, faisant monter les enchères de la plus grande confrontation entre Moscou et l’Occident depuis la crise des missiles de Cuba en 1962, a également annoncé que de nouveaux systèmes stratégiques avaient été déployés et a menacé de reprendre les essais nucléaires.

Une réponse directe

Quelques heures plus tard, à Varsovie, M. Biden a lancé ce qui semble être une réponse directe à M. Poutine :

« Les États-Unis et les nations d’Europe ne cherchent pas à contrôler ou à détruire la Russie. L’Occident ne complote pas pour attaquer la Russie, comme l’a dit M. Poutine aujourd’hui. Et des millions de citoyens russes qui veulent seulement vivre en paix avec leurs voisins ne sont pas nos ennemis ».

M. Biden a déclaré que c’était M. Poutine qui avait « choisi cette guerre » et qu’il pouvait « mettre fin à la guerre avec un mot ».

« C’est simple. Si la Russie cessait d’envahir l’Ukraine, ce serait la fin de la guerre. Si l’Ukraine cessait de se défendre contre la Russie, ce serait la fin de l’Ukraine », a déclaré M. Biden.

C’est la raison pour laquelle les États-Unis et leurs alliés veillent à ce que l’Ukraine puisse se défendre, a souligné M. Biden. Il a énuméré les « armes essentielles » que l’Occident fournit à l’Ukraine, mais a omis de mentionner les avions de combat.

« Les États-Unis ont réuni une coalition mondiale de plus de 50 nations pour faire parvenir des armes et des fournitures essentielles aux courageux combattants ukrainiens sur les lignes de front. Des systèmes de défense aérienne, de l’artillerie, des munitions, des chars et des véhicules blindés », a déclaré M. Biden, selon la transcription de la Maison Blanche.

« Il y a un an, le monde se préparait à la chute de Kiev », a déclaré M. Biden. « Je peux dire : Kiev est forte, Kiev est fière, elle reste debout et, par-dessus tout, elle est libre », a-t-il ajouté.

Mots-clés

« L’Ukraine ne sera jamais une victoire pour la Russie », a ajouté Joe Biden, déclenchant les applaudissements du public.

En revanche, M. Poutine n’a pas utilisé le mot « victoire » en référence au champ de bataille.

Dans son discours, M. Biden a utilisé 27 fois les mots « libre » et « liberté ». En revanche, le président russe n’a utilisé le mot « liberté » que 7 fois dans le sien, principalement à propos de la Russie se débarrassant de la domination économique occidentale.

M. Poutine a utilisé 8 fois le terme « nazi » pour dénigrer le régime de Kiev, a parlé de « laboratoires biologiques secrets de l’OTAN » aux frontières de la Russie, de « tentatives de Kiev d’obtenir des armes nucléaires », autant de mensonges désormais profondément ancrés dans la propagande russe. Il a également accusé l’OTAN de créer des « bases aux frontières de la Russie ». De telles bases n’existent pas, et si l’OTAN a récemment déplacé des troupes en Pologne et en Roumanie, ce n’était qu’en réponse à l’agression de la Russie contre l’Ukraine.

Vladimir Poutine a déclaré que le conflit avait été imposé à la Russie, notamment par l’expansion de l’OTAN vers l’est depuis la guerre froide.

Un conseiller principal du président ukrainien a déclaré que le discours du président russe montrait qu’il avait perdu le contact avec la réalité.

Pendant que Vladimir Poutine s’exprimait, au moins une roquette russe s’est abattue sur une rue animée de la ville de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, tuant six personnes. Selon l’armée ukrainienne et les autorités de la ville, 12 autres personnes ont été blessées dans l’attaque.

Selon les autorités locales, Kherson a été la cible de tirs de lance-roquettes multiples, tandis que M. Poutine présentait l’Occident comme l’agresseur en Ukraine et la Russie comme ne menant pas de guerre contre le peuple ukrainien. La Russie n’a pas fait de commentaire immédiat sur l’incident.

Moscou a nié avoir délibérément ciblé des civils dans son « opération militaire spéciale ».