Kosovo : La pression transatlantique sur la Serbie s'accentue [FR]

Dans la dernière ligne droite pour la détermination des provinces du sud de la Serbie, des diplomates européens et américains exhortent Belgrade et Moscou à accepter un plan des Nations Unies pour l'indépendance du Kosovo.

Dans la dernière ligne droite pour la détermination des provinces du sud de la Serbie, des diplomates européens et américains exhortent Belgrade et Moscou à accepter un plan des Nations Unies pour l’indépendance du Kosovo.

Le 17 avril 2007, le sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, Nicholas Burns, a soulevé un tollé à Belgrade, lorsqu’il a suggéré que les Etats-Unis pourraient reconnaître la séparation de la Serbie du Kosovo, bien que la Russie poursuive ses menaces de veto au plan des Nations Unis. Ce dernier prévoit en effet d’accorder l’indépendance à la province séparatiste du sud de la Serbie, qui a été sous administration militaire et civile internationale depuis le conflit de 1999. 

En réaction, le gouvernement serbe a lancé ce qu’il appelle « un avertissement majeur » selon lequel les « Etats membres de l’ONU ne peuvent pas unilatéralement » reconnaître la qualité d’Etat au Kosovo, soutenant : « Belgrade rejetterait comme entièrement nulle toute reconnaissance de l’indépendance du Kosovo car cela représenterait une ingérence grossière dans les affaires intérieures de la Serbie ».

Les Etats-Unis souhaitent accélérer le processus d’action permettant au Kosovo de devenir indépendant, mais la Serbie reste résolument opposée à la cessation de la province. Elle a reçu un soutien important de la Russie, qui craint que le plan serve de modèle à d’autres territoires indépendantistes, tels que l’Ossétie du sud et la Transnistrie en Moldavie.  
La Russie est l’une des cinq puissances bénéficiant d’un droit de veto au Conseil des Nations Unies, qui doit débattre de la proposition de l’envoyé spécial des Nations Unies, Martti Ahtisaari, au cours des semaines à venir. Son plan, révélé à la fin du mois de mars 2007, envisage une forme de statut d’Etat supervisé au niveau international pour le Kosovo, avec une forte présence européenne dans la région.

Bien que l’UE ait officiellement soutenu cette proposition, certains pays européens tels que la Slovaquie et l’Espagne ont émis des réserves, de peur de créer un précédent pour les autres régions européennes ayant des ambitions sécessionnistes.

Les dirigeants de la Serbie ont eux-mêmes rejeter le plan Ahtisaari, proposant à la place un statut qui accorderait au Kosovo « plus que l’autonomie mais moins que l’indépendance ».

Le commissaire à l’élargissement, Olli Rehn, a déclaré : « Si le Conseil de sécurité de l’ONU n’adopte pas cette résolution, nous risquons l’instabilité et le chaos dans les Balkans ». 

Les diplomates des Etats-Unis et de l’UE se rendront à Moscou le 20 avril 2007 pour discuter de la Russie, au cours d’une réunion du dit Groupe de contact sur les Balkans, composé de l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Etats-Unis et la Russie. 

L’Allemagne, actuellement à la présidence de l’UE et du G8, a déclaré qu’elle espérait faire évoluer la situation actuellement dans l’impasse entre le Kosovo et la Serbie avant la réunion du G8 qui rassemblera les pays industriels en juin 2007.