L’Allemagne veut se refaire une image
Accusé d’imposer l’austérité à l’Europe tout entière, Berlin a décidé de lancer une nouvelle stratégie de communication sur l’Europe à destination de ses partenaires mais aussi de ses citoyens.
Accusé d’imposer l’austérité à l’Europe tout entière, Berlin a décidé de lancer une nouvelle stratégie de communication sur l’Europe à destination de ses partenaires mais aussi de ses citoyens.
Lors du Conseil des ministres de son gouvernement, mercredi 29 février, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle a présenté un document d’une douzaine de pages détaillant une nouvelle politique de communication sur l’Europe.
Prendre au sérieux
Après deux ans de crise de la zone euro, l’image de l’Allemagne s’est profondément dégradée à travers le continent. Le ressenti de la population est profond envers le pays qui est accusé d’imposer ses choix aux gouvernements nationaux. Un drapeau allemand a été brûlé devant le Parlement grec lors des manifestations de début février.
La stratégie « Expliquer l’Europe – Débattre l’Europe » considère que l’Union européenne traverse aujourd’hui une période déterminante pour son avenir. « L’évolution de ces mois-ci va marquer pour des années l’image de l’Allemagne en Europe, de l’Europe en Allemagne et de l’Europe dans le monde (…). Ces évolutions doivent être prises très au sérieux ».
Société civile
La première des priorités est donc de redonner confiance aux Européens dans l’Allemagne. « Nous devons expliquer nos idées » et « affirmer notre solidarité ». Pour y arriver, « les ambassadeurs, consuls généraux, attachés de presse et représentants doivent être mis en réseau avec des politiques, des journalistes et des représentants de la société civile à travers l’Europe ».
Le document évoque aussi la nécessité de contrer la vision anglo-saxonne de la crise qui domine actuellement dans la presse, en communiquant activement.
Les deux autres axes de développement du plan sont la nécessité d’expliquer l’Europe dans le monde et de favoriser une attitude positive à l’égard de l’UE en Allemagne.
Selon un sondage publié en décembre 2011, au plus fort de la crise financière qui secoue la zone euro, 60% des Allemands estimaient que l’introduction de la monnaie unique était une erreur et 49% souhaitaient un retour au Deutsche Mark.