L'équipe de l'UE et du FMI en route vers Dublin pour des discussions sur le plan de sauvetage
Une équipe composée de membres de la Commission européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne s'est mise en route pour Dublin ce matin afin d'estimer le montant de l'aide pour le secteur bancaire irlandais en difficultés et pour décider si un prêt de l'UE sera nécessaire à la consolidation des finances du gouvernement qui ont été méchamment frappées par des efforts visant à sauver les banques du pays.
Une équipe composée de membres de la Commission européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne s'est mise en route pour Dublin ce matin afin d'estimer le montant de l'aide pour le secteur bancaire irlandais en difficultés et pour décider si un prêt de l'UE sera nécessaire à la consolidation des finances du gouvernement qui ont été méchamment frappées par des efforts visant à sauver les banques du pays.
Olli Rehn, le commissaire européen pour les affaires économiques et monétaires, a déclaré mercredi (17 novembre) que cette visite pouvait être considérée comme une intensification des préparations pour un éventuel programme si le gouvernement irlandais en faisait la demande et que les Etats membres de la zone euro le jugeaient nécessaire.
Le premier ministre irlandais, Brian Cowen, a rappelé que cette mission évaluerait de quel type d'assistance l'Irlande pourrait avoir besoin, rejetant à nouveau les rumeurs qui affirment que son gouvernement discuterait d'un renflouement.
Les ministres des finances de l'UE se sont rencontrés à Bruxelles mercredi et une grande partie d'entre eux ont montré leur soutien à un prêt de l'UE et du FMI à l'Irlande pour consolider les finances du gouvernement, similaire à celui dont la Grèce bénéficie en ce moment.
Ils ont toutefois précisé que l'Irlande n'avait pas fait de demande d'aide officielle.
L'Irlande a déjà injecté 60 milliards d'euros pour consolider ses banques, ce qui a empiré le déficit des finances publiques du pays.
M. Rehn a déclaré que l'équipe de l'UE et du FMI se concentrerait sur le secteur bancaire mais aussi sur la stratégie de réduction du budget national de 15 milliards d'euros qui devrait être présentée la semaine prochaine.
M. Rehn a dit qu'il était trop tôt pour spéculer sur les conditions d'un prêt de l'UE au cas où Dublin demanderait de l'aide, expliquant que l'UE menait toujours des discussions techniques avec les autorités irlandaises.
Le ministre des finances irlandais, Brian Lenihan, a démenti le fait que l'Irlande serait forcée d'augmenter son impôt (extrêmement bas) sur les entreprises, actuellement à 12,5 %, en échange d'une aide de l'UE. Des pays opérant des impôts plus élevés, dont la Grande Bretagne et l'Allemagne, considèrent depuis longtemps que le taux irlandais est une forme de concurrence déloyale.
M. Lenihan a assuré que l'impôt sur les entreprises était assuré.
Des problèmes pour les banques
Le ministre belge des finances, Didier Reynders, qui présidait hier la réunion des ministres européens des finances, a déclaré que le problème de l'Irlande résidait dans un manque de liquidité dans le secteur bancaire et qu'il ne s'agissait pas d'un problème de dette souveraine.
M. Lenihan, son homologue irlandais, a insisté sur le fait que cette mission se concentrerait sur le montant de l'aide qui pourrait être nécessaire pour le secteur bancaire. Il a expliqué qu'un transfert d'argent ne serait peut-être pas nécessaire mais qu'il faudrait peut-être évaluer la somme d'argent qui pourrait être rendue disponible si d'autres difficultés émergeaient.
De récentes discussions à Dublin ont envisagé une surcapitalisation des banques pour mettre un terme aux incertitudes du marché et une augmentation du rendement des obligations.
"Le secteur bancaire irlandais aura besoin d'une certaine restructuration et d'une réorganisation", a dit M. Rehn hier. La Commission européenne pourrait demander une réduction des activités du secteur comme elle l'a fait pour d'autres pays, a ajouté le commissaire.
Selon un scénario élaboré par le ministre irlandais des finances et la banque centrale, le renflouement du secteur financier de l'Irlande pourrait coûter jusqu'à 50 milliards d'euros. Des sources à l'UE prévoient que l'Irlande pourrait avoir besoin de 45 à 90 milliards d'euros, en fonction du besoin de l'Irlande pour ses banques ou pour sa dette publique également.
Un prêt du Royaume-Uni ?
Selon certaines sources, des discussions ministérielles auraient eu lieu entre la Grande Bretagne et l'Irlande concernant un prêt bilatéral.
Le ministre belge des finances, Didier Reynders, dont le pays exerce actuellement la présidence tournante de l'UE, a déclaré que rien n'empêchait deux pays de conclure un accord bilatéral.
C'est avec le Royaume-Uni que l'Irlande entretient les plus importants liens financiers dans la mesure où les prêts des banques britanniques aux ménages et aux sociétés irlandaises s'élèvent actuellement à 82,5 milliards de livres sterling.
"L'Irlande est notre plus proche voisin et il est dans l'intérêt de la Grande Bretagne que l'économie irlandaise soit fructueuse et qu'elle dispose d'un système bancaire stable", a dit le Chancelier de l'Echiquier britannique, George Osborne.
Eurointelligence, un site Internet de commentaires et d'analyses économiques qui fait autorité dans la zone euro, a déclaré qu'il était à présent certain que l'Irlande demanderait l'aide de l'UE. "Il s'agit de présentation politique à présent et non plus de la substance. L'Irlande est fauchée. Elle n'a pas de réel choix".