L'Eurogroupe se prépare au départ de Jean-Claude Juncker

L'Eurogroupe devrait disposer d'un président permanent à partir de la mi-2012, lorsque son actuel président, Jean-Claude Juncker, quittera ses fonctions. Ce poste sera sans doute occupé par un outsider.    

EURACTIV.com
Eurogroup Nov 2010 Picnik.jpg
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L'Eurogroupe devrait disposer d'un président permanent à partir de la mi-2012, lorsque son actuel président, Jean-Claude Juncker, quittera ses fonctions. Ce poste sera sans doute occupé par un outsider.
 
 

« Nous verrons, lorsque mon mandat sera venu à échéance, c'est-à-dire au 1er juin 2012, si nous n’allons pas transformer la présidence de l’Eurogroupe en une présidence permanente », a déclaré M. Juncker hier (16 novembre) en séance plénière au Parlement européen à Strasbourg.

Les déclarations de M. Juncker ont été relayées par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. « Lorsque le mandat de M. Juncker expirera l'an prochain, une décision sera prise pour savoir si son poste deviendra un travail à plein temps à Bruxelles », a-t-il déclaré aux eurodéputés.

M. Juncker a ajouté que les traités de l'UE n'empêchaient pas que le président de l'Eurogroupe soit une personne ne faisant pas partie du cercle des ministres des finances de la zone euro. Le nouveau président pourra également être choisi « en dehors des membres de l’Eurogroupe », a-t-il insisté.

En effet, le traité de Lisbonne, dans un protocole spécifique sur l'Eurogroupe, stipule que « les ministres des États membres dont la monnaie est l'euro élisent un président pour deux ans et demi, à la majorité de ces États membres » sans plus de précision.

Le nouveau président pourrait donc être issu du secteur privé ou d'une autre institution de l'UE, la dernière option semblant la plus probable.

Au cours de ces derniers mois, le commissaire européen en charge des affaires économiques, Olli Rehn, a été pressenti comme le futur président potentiel de l'Eurogroupe. M. Rehn s'est récemment vu confier de nouvelles tâches et compétences par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et de nombreux observateurs ont considéré cette initiative comme un signe avant-coureur de sa nomination à ce poste de président de l'Eurogroupe.

De nombreuses incertitudes demeurent toutefois quant aux conséquences d'une telle nomination pour M. Rehn à la Commission européenne et quant à son successeur au poste de commissaire aux affaires économiques et monétaires.  « Etre le président de l'Eurogroupe implique d'être super partes et cela pourrait diminuer le pouvoir de proposition de la Commission. Nous nous demandons encore s'il vaut la peine de procéder ainsi », a déclaré un fonctionnaire de l'UE à EURACTIV.

Concernant la durée du mandat du nouveau président, il reste à voir si les Etats membres souhaiteront modifier les traités et prolonger le mandat actuel de deux ans et demi. Une proposition à ce sujet pourrait être envisagée dans le cadre d'une série de changements qui pourraient être apportés aux traités.

Sommets de la zone euro

En outre, la forme que prendra la coopération entre le président de l'Eurogroupe et M. Van Rompuy, récemment nommé « Monsieur Euro » par les leaders européens, reste difficile à déterminer. Le rôle de M. Van Rompuy devrait se limiter à la présidence des sommets des chefs d'Etat de la zone euro qui depuis peu s'organisent de façon régulière.

« Il est dans mon intention de formaliser l'organisation de sommets de la zone euro conjointement aux réunions du Conseil européen. Ces sommets auraient lieu, de préférence, après ceux du Conseil », a déclaré M. Van Rompuy hier.

« Cela permettra aux Vingt-Sept de contribuer au Conseil européen et d'y soulever certains points, s'ils le souhaitent, concernant les questions qui seront débattues parmi les Dix-Sept », a ajouté M. Van Rompuy dans un discours ayant pour objectif de répondre aux inquiétudes des dix pays en dehors de la zone euro.

Ces dix pays, menés par la Grande-Bretagne, craignent d'être exclus de la prise de décisions importantes qui pourraient avoir un impact sur leur économie.