L’Europe dément les rumeurs d’aide au Portugal

Des responsables européens ont affirmé, lundi 10 janvier, que la France et l’Allemagne n’exerçaient aucune pression pour que le Portugal fasse appel à l’aide financière européenne. Ils ont ainsi démenti une rumeur circulant dans la presse depuis la veille.

EURACTIV.fr

Des responsables européens ont affirmé, lundi 10 janvier, que la France et l’Allemagne n’exerçaient aucune pression pour que le Portugal fasse appel à l’aide financière européenne. Ils ont ainsi démenti une rumeur circulant dans la presse depuis la veille.

La riposte n’a pas tardé. Après les déclarations d’une source européenne sur un futur sauvetage du Portugal par l’UE, des responsables européens sont montés au créneau, lundi 10 janvier, pour démentir ces rumeurs.

Selon des traders, la Banque centrale européenne s’est aussi portée au secours de Lisbonne en achetant de la dette souveraine portugaise à cinq et dix ans.

La nervosité des investisseurs est accrue par plusieurs émissions d’emprunts d’État prévues cette semaine au Portugal, en Italie et en Espagne.

« (…) La possibilité que le Portugal ou un autre pays membre (ait recours au Fonds européen de stabilité financière) n’est pas envisagée à ce stade », a déclaré aux journalistes Amadeu Altafaj, porte-parole de la Commission européenne.

Défendre l’euro

A l’instar d’autres responsables politiques européens, il était interrogé au sujet des déclarations d’une source européenne qui faisait état dimanche d’une pression grandissante sur Lisbonne de la part de la France, de l’Allemagne et d’autres pays de la zone euro afin que le Portugal demande un appui financier à l’Union européenne et au Fonds monétaire international (FMI).

Berlin et Paris, ajoutait cette source, veulent ainsi s’assurer que la crise de la dette de la zone euro, qui a déjà contraint l’an dernier la Grèce et l’Irlande à avoir recours à une aide internationale, ne se propage pas à d’autres pays.

La source parlait d’un besoin de financement compris entre 50 et 100 milliards d’euros pour le Portugal.

La BCE très active

Wolfgang Schaüble, ministre des Finances de l’Allemagne, a réagi en disant que l’Allemagne n’obligeait personne à solliciter l’aide du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Il a ajouté que l’intérêt de Berlin était de défendre l’euro.

Sur le marché obligataire, la prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette souveraine portugaise est un peu retombée après avoir fortement monté la semaine dernière. Selon des traders, la BCE achetait lundi de la dette portugaise sur le marché secondaire.

« Elle (la BCE) rachète des titres portugais à cinq et dix ans, quelle que soit l’offre en face », a déclaré un opérateur.

Selon un autre trader, la BCE achèterait aussi des obligations souveraines grecques et irlandaises.

De sources de l’UE, on déclarait que la banque centrale n’avait pas acheté de titres de dette souveraine espagnole.

Au total, la BCE a acquis pour près de 74 milliards d’euros d’emprunts souverains de la zone euro depuis le début de son programme d’intervention visant à stabiliser les marchés fin mai.