L'industrie pharmaceutique se défend d'avoir pesé sur les choix de Juncker
L'industrie pharmaceutique européenne assure qu'elle n'a jamais fait pression sur Jean-Claude Juncker dans la décision de rattacher santé et pharmacie à la DG entreprises et industrie. Ce choix mettrait l’accent sur la compétitivité du secteur au détriment de la santé des citoyens selon certaines ONG et eurodéputés.
L’industrie pharmaceutique européenne assure qu’elle n’a jamais fait pression sur Jean-Claude Juncker dans la décision de rattacher santé et pharmacie à la DG entreprises et industrie. Ce choix mettrait l’accent sur la compétitivité du secteur au détriment de la santé des citoyens selon certaines ONG et eurodéputés.
La santé et la pharmacie sont retombées dans l’escarcelle de la DG entreprises et industrie après un passage à la DG santé et consommateurs (DG Sanco). Une décision qui inquiète certaines ONG et acteurs de la société civile, mais aussi des législateurs. Richard Bergström, directeur de la Fédération européenne des associations de l’industrie pharmaceutique (FEAIP), a néanmoins assuré qu’il n’avait pas interféré dans les décisions de Jean-Claude Juncker, le président nouvellement élu à la tête de la Commission européenne.
Pendant le second mandat de José Manuel Barroso, la DG Sanco a pris en charge la gestion des médicaments et des dispositifs médicaux, qui incombait jusqu’alors à la DG entreprises et industrie (DG ENTR).
« Ce que nous avons proposé en tant qu’industriels était que la Commission entreprenne le développement et la coordination d’une stratégie globale dans le domaine des sciences de la vie. Nous n’avons fait en aucune manière pression ou exprimé notre point de vue sur la façon dont une unité devait se structurer », a expliqué Richard Bergström.
« Ce serait stupide de ma part d’avoir un avis sur la question. Le président de la Commission a présenté [cette nouvelle configuration] et la façon dont il comptait travailler, et cela nous a semblé satisfaisant. Et c’est tout », a-t-il ajouté.
Celui-ci a poursuivi : « en tant que citoyen européen, je pense que la structure actuelle [de la Commission] est impressionnante.Je pense qu’il s’agit de quelque chose de nouveau, et nous avons besoin de nouveauté. Je pense que nos membres sont prêts à soutenir [la nouvelle Commission]. Je ne suis pas surpris par certaines réactions [suscités par le choix du nouveau président], mais concentrer toutes les activités des entreprises pharmaceutiques et de la santé dans une seule et même unité est une décision pertinente ».
La santé publique en danger
Le physicien britannique Ben Goldacre, auteur de best-seller Bad Pharma, au contraire s’en inquiète et a déclaré : « je pense que nous devrions être sans nul doute conscients de la dangerosité de cette situation pour la santé publique.
« C’est certain, cette situation est parfaitement véreuse. Elle ne peut que générer la méfiance. Or les médecins tout comme les patients doivent avoir confiance dans les décisions prises par les organes de régulation », explique-t-il.
Il rappelle en outre que l’eurodéputée du parti travailliste britannique Glenis Willmott accuse la DG ENTR d’avoir plombé la directive européenne sur les essais cliniques, projet de loi dont elle était le rapporteur.
Le 29 septembre, l’Alliance européenne pour la santé publique (EPHA) a encouragé les eurodéputés à rejeter la décision de transférer les politiques pharmaceutiques vers le portefeuille des entreprises et de l’industrie lors des auditions de cette semaine.
Les politiques européennes en matière de technologies de la santé et du secteur pharmaceutique devraient avant tout promouvoir et protéger la santé et la sécurité des patients, et non seulement assurer la compétitivité, affirme l’Alliance.
« J’en appelle à tous les eurodéputés pour faire de la suppression de cette décision […] une condition préalable pour que le Parlement européen approuve le collège des commissaires désignés de M. Juncker », a proposé Emma Woodford, secrétaire générale par intérim de l’EPHA.
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