L'Irlande n'exclut pas d'avoir recours au fonds de sauvetage de l'UE
L'Irlande n'a pas exclu dimanche (14 novembre) la possibilité de se tourner vers l'Europe pour recevoir de l'aide afin de lutter contre sa crise de la dette, ce qui ferait de ce pays le deuxième dans la zone euro à être "sauvé" après la Grèce.
L'Irlande n'a pas exclu dimanche (14 novembre) la possibilité de se tourner vers l'Europe pour recevoir de l'aide afin de lutter contre sa crise de la dette, ce qui ferait de ce pays le deuxième dans la zone euro à être "sauvé" après la Grèce.
"C'est au jour le jour", a déclaré lors de l'émission "The Week in Politics" de la chaîne nationale RTE le ministre de la justice Dermot Ahern lorsqu'on lui a demandé s'il mettrait sa réputation en jeu et affirmerait que Dublin ne demanderait pas d'aide.
Dans une déclaration électronique, un porte-parole du département des finances a déclaré que des contacts avaient été pris avec des collègues étrangers "à la lumière des conditions actuelles du marché", mais il a répété qu'aucune demande d'assistance n'avait encore été formulée.
Des sources à l'UE ont dit ces deux derniers jours que des discussions sur un éventuel sauvetage étaient lancées et que l'Irlande, avec les coûts de l'emprunt grimpant en flèche, ne s'en sortirait probablement pas sans aide.
L'Union européenne souhaiterait que l'Irlande accepte de l'aide, disent certaines sources, afin d'éviter un scénario similaire à la Grèce où les problèmes budgétaires d'un pays ont plongé toute la zone euro dans la crise.
M. Ahern a affirmé que l'Irlande n'était pas en train de mener des discussions sur une éventuelle aide.
"Aucune négociation n'est en cours. Si c'était le cas, le gouvernement serait au courant et nous ne le sommes pas", a-t-il dit à la RTE, ajoutant qu'il avait parlé au premier ministre Brian Cowen dimanche et au ministre des finances Brian Lenihan.
L'Irlande serait le deuxième pays de la zone euro après la Grèce à recevoir une aide internationale, mais, plus tôt, un autre membre du cabinet a déclaré que l'Irlande n'était pas comme la Grèce dans la mesure où elle était financée jusqu'à mi-2011 et qu'elle n'avait donc pas besoin d'aide.
"Nous pensons réellement que nous parviendrons à gérer cette économie", a dit le ministre de l'entreprise, du commerce et de l'innovation, Batt O'Keeffe. "Ce pays s'est battu pour sa souveraineté et il n'est pas prêt de la céder à qui que ce soit".
Il a ajouté que le Fonds monétaire international avait déclaré qu'il pensait que l'Irlande pourrait s'en sortir seule.
L'Allemagne ne fait pas pression
L'Allemagne, le trésorier en chef de l'UE, a dit qu'elle n'exerçait pas de pression sur l'Irlande pour qu'elle accepte de l'aide.
Des sources à l'UE ont dit que l'aide dont il était question serait de l'ordre de 45-90 milliards d'euros. Cela dépendra du besoin des banques endettées par la crise financière et un effondrement du marché immobilier.
Cette aide, si elle se révèle nécessaire, pourrait provenir du mécanisme de sauvetage initial de l'UE ou des 440 milliards d'euros du Fonds européen de stabilité financière (FESF) établi après que la Grèce a demandé de l'aide en mai.
Une source a expliqué que Dublin ne souhaitait pas utiliser de fonds d'urgence mais qu'elle n'aurait peut-être pas le choix si ses marchés financiers étaient à nouveau attaqués.
L'Irlande a accusé l'Allemagne d'aggraver ses problèmes en faisant pression pour une réduction de la valeur des actifs ou pour une décote des obligataires privés, dans un mécanisme de sauvetage à partir de 2013. Ce mouvement a agrandi les écarts entre les obligations des pays de la zone euro.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré la semaine dernière lors du sommet du G20 que les marchés devaient comprendre que les politiciens ne pouvaient pas continuer à demander aux contribuables de payer pour les pertes contractées par les investisseurs lorsque les marchés se retournent contre eux.
Les coûts de l'emprunt en Irlande ont atteint des records la semaine dernière suite à des inquiétudes liées à un déficit qui serait de 32 % du PIB cette année et au fait que les obligataires privés pourraient être forcés de "décoter" leurs avoirs.
Le Portugal toujours sous contrôle
L'attention portée à l'Irlande n'a pas réduit la pression exercée ailleurs dans la zone euro.
Le ministre des affaires étrangères du Portugal, considéré par de nombreux investisseurs comme le prochain pays qui pourrait avoir besoin d'aide, a dit samedi que l'échec de la formation d'une coalition au gouvernement pour gérer la crise pourrait forcer le pays à sortir de la zone euro.
Le premier ministre grec a dit dans un entretien samedi que l'éventualité de prolonger le délai de remboursement des 110 milliards d'euros à l'UE et au FMI était en train d'être discutée.
Dimanche, la Grèce a organisé ses élections locales, ce qui pourrait compliquer ses efforts pour réduire le déficit.
Erik Nielsen, économiste européen en chef chez Goldman Sachs, a écrit dans une note dimanche que la Commission européenne pourrait envisager un accord de sauvetage ce week-end avec le Portugal qui souffre d'un déficit moindre, mais qui a davantage besoin de financement que l'Irlande.
"Malgré leurs différences, si [quand] l'Irlande ou le Portugal demandent officiellement de l'aide, il serait dans l'intérêt de tous de démarrer le processus dans l'autre pays au même moment", a-t-il dit.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)