L'opposition portugaise s'apprête à soutenir un accord de renflouement
Au Portugal, le principal parti de l'opposition a signalé, après avoir rencontré les représentants officiels de l'UE et du FMI hier (4 mai), qu'il allait probablement accepter un renflouement de 78 milliards d'euros qui devrait contraindre l'économie à deux ans de récession.
Au Portugal, le principal parti de l'opposition a signalé, après avoir rencontré les représentants officiels de l'UE et du FMI hier (4 mai), qu'il allait probablement accepter un renflouement de 78 milliards d'euros qui devrait contraindre l'économie à deux ans de récession.
Le premier ministre intérimaire, José Socrates, a annoncé tard ce mardi (3 mai) que Lisbonne avait abouti à un accord pour un renflouement de trois ans avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international après des semaines de négociations. Cet accord fait du Portugal le troisième Etat de la zone euro à recevoir une aide étrangère, après la Grèce et l'Irlande.
Une source de la zone euro a déclaré que cette aide financière devrait représenter entre 75 et 90 milliards d'euros, en fonction des besoins des banques portugaises.
Toutefois, un porte-parole de M. Socrates a répété que le Portugal recevrait 78 milliards d'euros de prêts, dont 12 milliards pour les banques.
Incertitude électorale
Avec des élections dans un mois, le soutien du parti d'opposition social-démocrate (PSD), qui est en tête des sondages, est crucial pour que l'UE signe l'accord.
Carlos Moedas, un représentant du Parti social-démocrate, a affirmé que la réunion avec les prêteurs s'était bien déroulée et que le parti analyserait les termes de l'accord avant d'annoncer sa position.
Signe que le PSD approuvera sans doute l'accord, son principal négociateur, Eduardo Catroga, a déclaré que les discussions avaient été « influencées par les propositions du PSD » qui, selon lui, avaient donné lieu à de « meilleures mesures pour les Portugais ».
« Je ne vois pas pourquoi le PSD n'accepterait pas cet accord qui semble la seule option possible pour le Portugal au jour d'aujourd'hui », a expliqué Antonio Costa Pinto, analyste politique à Lisbonne.
La Commission européenne a affirmé que la mission UE/FMI organiserait une conférence de presse aujourd'hui pour annoncer les détails de l'accord de renflouement.
Les fonctionnaires européens souhaitent que l'accord de renflouement soit approuvé par tous les partis du Portugal afin d'éviter de devoir revoir les termes du contrat après les élections du 5 juin.
« Ils [partis de l'oppositions] ont montré leur engagement et qu'ils agissaient de manière très responsable », a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Amadeu Altafaj.
Les fonctionnaires européens craignent aussi que la Finlande, où un parti anti-européen pourrait faire partie du prochain gouvernement, puisse entraver l'accord.
Une forte récession à venir
Des analystes ont affirmé que M. Socrates était impatient de présenter l'accord de renflouement en premier lieu pour souligner le fait qu'il ne comprenait pas de mesures aussi drastiques que celles adoptées par la Grèce et l'Irlande, espérant ainsi remporter des voix pour les élections.
Toutefois, selon le mémorandum sur le renflouement, les termes comprendront des mesures telles qu'une augmentation des impôts et d'importantes réductions des dépenses qui auraient pour conséquence une contraction de 2 % du PIB cette année et en 2012.
Il sera dès lors encore plus difficile pour ce pays lourdement endetté de revenir à des finances saines, dans la mesure où il dispose d'un des taux de croissance les plus bas d'Europe depuis dix ans.
Jonathan Loynes, économiste européen en chef chez Capital Economics, prévoit également une contraction de 2 % cette année.
« Même si la confirmation du renflouement devrait apporter certaines garanties quant à la capacité du pays à rembourser ses obligations, elle ne mettra pas fin aux spéculations, tout comme en Grèce entre autres, selon lesquelles le Portugal devra tôt ou tard affronter une certaine restructuration de la dette », a-t-il expliqué.
L'annonce du renflouement a certes apporté un certain soulagement sur le marché obligataires, comme le rendement à 10 ans des obligations émises par le Portugal est retombé pour la première fois depuis des semaines à environ 9,95 % après le record de 10,32 % enregistré mardi.
The announcement did provide some relief in the bond market, where Portuguese 10-year yields fell for the first time in many weeks, to around 9.95%, from a euro lifetime record of 10.32% on Tuesday. Le spread avec le Bund allemand de même échéance a lui baissé à 677 points de base (pdb), contre un pic à 707 pdb mardi.
Le Portugal a été obligé de demander un renflouement suite à la chute de son gouvernement le mois dernier qui a fait grimper les coûts de sa dette.
En écho à l'envolée des taux auquel est confronté le Portugal sur les marchés, le pays a émis 1,12 milliard d'euros de bons du trésor à trois mois à 4,652 %, bien au-dessus du taux de 4,046 % le mois dernier.
Objectifs de déficit abaissés
Lisbonne a réussi à obtenir une certaine marche de manoeuvre dans ses mesures d'austérité de la part de ses prêteurs. L'objectif de déficit budgétaire de cette année a été élevé à 5,9 % du PIB au lieu de 4,6 %.
Cela reste une importante réduction étant donné le déficit total du PIB l'année dernière de 9,1 % et que dans le cadre de l'accord, il devra être réduit à 4,5 % en 2012 et à 3 % en 2013.
L'accord de renflouement comprend 12 milliards d'euros pour le secteur bancaire pour les recapitaliser et stipule que les banques devront accroître progressivement leur ratio de solvabilité de base à 10 % d'ici la fin de 2012, selon des sources officielles.
Il prévoit également 5,3 milliards d'euros provenant des privatisations d'ici 2013.
Le taux d'intérêt du prêt accordé au Portugal devrait être défini lors d'une réunion des ministres des finances de la zone euro mi-mai.
« Même si nous connaissons le montant, il sera plus intéressant de savoir quel sera le taux d'intérêt que le Portugal devra payer, donc nous attendons », a déclaré Michael Leister, analyste chez WestLB.
Le Portugal devra donner son accord sur les termes du prêt d'ici le 15 juin, date à laquelle Lisbonne devra racheter 4,9 milliards d'euros d'obligations.
Des représentants de la Commission européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne sont à Lisbonne depuis près d'un mois pour conclure cet accord.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)