L’UE et l’Irlande se mettent d’accord sur le fonds de sauvetage

Hier (21 novembre), les ministres des finances de l’Union Européenne se sont mis d’accord sur une requête de l’Irlande visant à l’aider à gérer ses énormes problèmes de dettes. Le plan, qui sera finalisé cette semaine, est estimé à une valeur de 80 à 90 milliards d’euros et sera soumis à une stricte conditionnalité, dont un budget d’austérité d’une durée de quatre ans.

Brian_Cowen.jpg
Brian_Cowen.jpg

Hier (21 novembre), les ministres des finances de l’Union Européenne se sont mis d’accord sur une requête de l’Irlande visant à l’aider à gérer ses énormes problèmes de dettes. Le plan, qui sera finalisé cette semaine, est estimé à une valeur de 80 à 90 milliards d’euros et sera soumis à une stricte conditionnalité, dont un budget d’austérité d’une durée de quatre ans.

Après des jours d'hésitation, l'Irlande a finalement soumis une requête pour une assistance financière dimanche (21 novembre).

« Les autorités européennes ont accepté notre requête », a déclaré le premier ministre Brian Cowen. « L'accord devrait être finalisé rapidement, dans les semaines qui viennent ».

Les ministres européens des finances ont participé à une conférence téléphonique aux alentours de 18 heures (heure de Bruxelles) au cours de laquelle ils ont accepté la demande irlandaise afin de « sauvegarder la stabilité financière en UE et dans la zone euro ».

Ce paquet a pour objectif de mettre un terme aux inquiétudes du marché concernant la diffusion de la dette irlandaise dans d'autres pays souffrant de problèmes budgétaires comme l'Espagne et le Portugal.

« Le paquet d'assistance financière pour l'Etat irlandais devrait être financé grâce au mécanisme européen de stabilisation financière et au Fonds européen de stabilité financière (FESF) avec éventuellement des prêts bilatéraux supplémentaires qui seraient négociés par les Etats membres », selon une déclaration des ministres d'Eurogroup et d'Ecofin, publiée à 20h.

Les ministres ont ajouté que le Royaume-Uni et la Suède avaient déjà déclaré être prêt à accorder un prêt bilatéral à l'Irlande et la Grande Bretagne a précisé qu'elle pourrait monter jusqu'à environ sept milliards de livres sterling (8,15 milliards d'euros) pour une aide bilatérale.

Conditionnalité

Les détails du paquet, qui est estimé à plus ou moins 80-90 milliards d'euros, sont en train d'être négociés par les autorités irlandaise, la Commission européenne et le Fonds monétaire international en liaison avec la Banque centrale européenne.

L'argent sera accordé via un programme politique fort ayant pour objectif de réduire le déficit irlandais à 3 % du déficit du PIB d'ici 2014.

Le paquet d'austérité de quatre ans devrait contenir des plans pour un nouvel impôt foncier ainsi qu'une réduction des services et avantages.  L'allégement fiscal pour les gros revenus pourrait également disparaître.

Le programme impliquera une consolidation globale de 15 milliards d'euros dans une stratégie de quatre ans avec une révision annuelle, ont dit les ministres.

Le programme comprendra également un fonds pour les futurs besoins potentiels en capitaux du secteur bancaire. « Un vaste éventail de mesures, y compris le désendettement et la restructuration du secteur bancaire, contribueront à l'assurance que le système bancaire joue son rôle dans le fonctionnement de l'économie », ont ajouté les ministres.

Le Portugal et l’Espagne, prochains sur la liste ?

Le ministre des finances allemand Wolfgang Schaeuble a déclaré que le plan de sauvetage devrait empêcher une contamination à d’autres pays de la zone euro. « Si nous trouvons à présent la bonne réponse au problème irlandais, alors les chances de ne pas avoir d’effets de contamination sont plus grandes », a-t-il dit à la chaîne de télévision ZDF ce dimanche.

Cependant les analystes n’ont pas été aussi optimistes. « Dans le court terme, ceci devrait être positif au regard de l’appétit pour le risque », a dit Peter Chatwell, expert en taux pour le Crédit Agricole CIB à Londres, cité par Reuters. Il a cependant ajouté : « Je ne pense pas que ceci fasse quoi que ce soit pour enlever le Portugal, et éventuellement l’Espagne, de la ligne de tir. »

« Ceci pourra-t-il empêcher la contamination ? Sur le court terme, mais pas sur le moyen terme. Cela ne fait que calmer les marchés et donner aux autres pays l’occasion de respirer. En particulier, le Portugal n’est pas encore tiré d’affaire », a dit Carsten Brzeski, économiste chez ING.

« Je pense que cela signifie que le Portugal est le prochain [à demander de l’aide] », a dit Filipe Garcia, économiste à l’Informacao de Mercados Financeiros Consultants dans la ville portugaise de Porto.

« Je ne sais pas si cela arrivera avant la fin de l’année ou après, mais c’est pratiquement inévitable maintenant », a-t-il dit. « Je pense que nous avons probablement dépassé le moment charnière de ce qui est viable en termes de paiement des taux d’intérêt sur la dette. »

Si les marchés s’attaquent au Portugal, l’Espagne pourrait être la suivante.

« Si le Portugal est forcé d’accepter un plan de sauvetage, alors ils tourneront leur attention vers l’Espagne et je ne sais pas ce que fera le gouvernement », a dit Edro Schwartz, économiste à l’Université San Pablo à Madrid.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)