L'UE inquiète quant aux élections en Russie

La responsable de la politique étrangère de l'UE a déclaré qu'elle s'inquiétait quant à la partialité des médias et au harcèlement des observateurs indépendants lors des élections législatives russes dimanche dernier. C'est le parti Russie unie du premier ministre, Vladimir Poutine, qui a remporté ces élections à la chambre basse avec une faible majorité, mais il a tout de même enregistré un certain recul.  

EURACTIV.com / Reuters
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La responsable de la politique étrangère de l'UE a déclaré qu'elle s'inquiétait quant à la partialité des médias et au harcèlement des observateurs indépendants lors des élections législatives russes dimanche dernier. C'est le parti Russie unie du premier ministre, Vladimir Poutine, qui a remporté ces élections à la chambre basse avec une faible majorité, mais il a tout de même enregistré un certain recul.
 

« Nous nous inquiétons vivement quant aux violations rapportées des procédures, la partialité des médias, l'absence de séparation entre le parti et l'Etat et les tentatives de harcèlement des observateurs indépendants », a-t-elle déclaré hier (6 décembre), ajoutant qu'elle avait pris note du fait que les élections à la Douma avaient été bien préparées et bien gérées.

Mme Ashton espère également que les problèmes mis en exergue seront abordés, lorsque la Russie organisera ses élections présidentielles en mars prochain.

Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Moscou pour la deuxième journée consécutive hier, afin de demander le départ de Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 12 ans. Les manifestants ont dû affronter des dizaines de milliers de policiers auxquels des troupes du ministère de l'intérieur ont prêté main-forte.

La police a affirmé avoir placé en détention environ 250 personnes dans le centre de Moscou, alors qu'elles tentaient d'organiser un rassemblement non autorisé. Quelque 200 personnes de plus ont été arrêtées à Saint-Pétersbourg où les forces de l'opposition se sont senties encouragées par le pire recul électoral de M. Poutine depuis sa prise de pouvoir en 1999.

Relayant les inquiétudes de la responsable des affaires étrangères de l'UE, le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a déploré que la campagne électorale pour le scrutin de dimanche ait été marquée par une concurrence politique limitée et un manque d'impartialité, comme l'ont d'ailleurs souligné les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

« Le peuple russe mérite une vraie démocratie. Le taux de participation élevé montre que le peuple russe prend ses droits et ses obligations civiques à cœur. Il mérite un processus électoral libre, transparent et impartial », a déclaré M. Buzek. Il a ajouté qu'il s'inquiétait quant à la détention de dizaines d'activistes de l'opposition, à l'intimidation de l'organisme indépendant de surveillance électorale Golos et aux cyberattaques perpétrées contre les principaux sites Internet d'information indépendants.

Le Parlement européen s'inquiète vivement du manque d'indépendance et de la partialité des médias d'information de plus en plus sous l'influence du parti au pouvoir, ainsi que des fréquentes violations de la procédure et de la manipulation évidente du décompte des votes.

« Nous devons passer à la vitesse supérieure s'agissant du développement des relations bilatérales entre l'UE et la Russie », a déclaré M. Buzek. « Nous souhaitons que notre coopération à long terme soit fondée sur la démocratie, l'Etat de droit et la liberté d'expression. »

Washington met la pression

Washington a également émis de « sérieuses inquiétudes » quant à la conduite du scrutin de dimanche dernier.  Les Etats-Unis continuent de faire pression sur la Russie pour qu'elle enquête sur les accusations de fraude et d'intimidation lors des élections à la Douma, bien que la Russie rejette ces allégations.

Mardi, le ministère russe des affaires étrangères a qualifié les critiques américaines à propos des élections législatives d'« inacceptables ».

Dans un communiqué publié hier, le ministère a fustigé les Etats-Unis pour s'être conformé à des stéréotypes obsolètes et à des idées préconçues sans tenter de savoir ce qu'il se passait réellement.

Le sénateur américain John McCain a affirmé que la Russie pourrait devoir affronter une révolution. Dans un message adressé à Vladimir Poutine sur Twitter, le républicain a écrit : « Cher Vlad, le printemps arabe se rapproche de chez toi. »

De nombreux experts politiques russes ne sont pas d'accord avec les affirmations selon lesquelles M. Poutine pourrait devoir affronter un soulèvement dans un pays qui n'a pas l'habitude de manifester dans les rues (si l'on oublie la révolution bolchevique de 1917) et où les dissidents sont souvent sévèrement réprimés.

M. Poutine, lors de sa rencontre avec les représentants de Russie unie, a déclaré qu'il remanierait le gouvernement après les élections présidentielles auxquelles il se présentera en mars, mais il n'a promis aucune mesure immédiate.

Ce ne fut pas suffisant pour apaiser les leaders de l'opposition, révoltés par les informations selon lesquelles le décompte des votes du parti au pouvoir aurait été gonflé, bien qu'il ne détienne qu'une faible majorité de sièges à la chambre basse.

M. Poutine, qui a exercé deux mandats de président, est très populaire dans les sondages, mais il a déçu de nombreux citoyens en affirmant vouloir échanger son poste avec le président Dmitri Medvedev, ce qui lui permettrait de rester au pouvoir jusqu'en 2024.