L’UE revoit sa croissance à la hausse
Après un second semestre 2010 morose, les prévisions de croissance pour 2011 publiées par la Commission s’améliorent. Les estimations tablent sur une croissance du PIB de 1,8 % dans l’UE et de 1,6 % dans la zone euro.
Après un second semestre 2010 morose, les prévisions de croissance pour 2011 publiées par la Commission s’améliorent. Les estimations tablent sur une croissance du PIB de 1,8 % dans l’UE et de 1,6 % dans la zone euro.
Bonne nouvelle. Pour 2011, les prévisions de croissance du Produit intérieur brut (PIB) sont établies à 1,8 % pour l’UE et à 1,6 % pour la zone euro, selon les chiffres publiés par la Commission, mardi 1er mars. Raisons avancées par Bruxelles : l’amélioration des perspectives pour l’économie mondiale et du climat d’optimisme observé dans l’UE. Un point positif après une année 2010 en dents de scie.
La ministre de l’Économie française, Christine Lagarde, a noté avec satisfaction une amélioration de ces prévisions pour toutes les principales économies de la zone euro ainsi que pour l’Union européenne.
Selon le commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, « si la croissance a ralenti dans l’UE au second semestre de l’année dernière, elle devrait repartir cette année. Alors que les exportations devraient continuer à soutenir la reprise, le rééquilibrage de la croissance vers la demande intérieure qui est attendu en 2011 devrait générer une croissance plus durable ».
En vue d’asseoir cette reprise, la Commission souhaite adopter un programme ambitieux d’assainissement budgétaire et de réformes structurelles. Mais qui dit reprise de l’activité économique, dit aussi hausse de l’inflation, estimée à 2,5% pour l’UE et 2,2% pour la zone euro.
Dans un contexte d’incertitude, les risques pesant sur les perspectives de croissance de l’UE pour 2011 restent donc globalement équilibrés. Points négatifs : de nouvelles tensions sur les marchés financiers ne peuvent être exclues, tandis que l’assainissement budgétaire pourrait à court terme peser plus lourd que prévu sur la demande intérieure dans les pays concernés.
+2,4% en Allemagne
Ces données agrégées se fondent sur les prévisions actualisées d’une série de pays qui représentent ensemble environ 80% du PIB de l’Union européenne (l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne et le Royaume-Uni). Les données individuelles révèlent néanmoins une évolution inégale dans les différents États membres.
Dans la zone euro, l’Allemagne devrait être le moteur de la reprise avec une croissance du PIB estimée à 2,4 %, suivie de la France (1,7 %), l’Espagne obtenant quant à elle des résultats mitigés (0,8 %).
La ministre de l’Économie Christine Lagarde estime que la croissance française pour 2011 sera supérieure à celle calculée par la Commission et maintient sa prévision à 2 %. Elle se fonde sur la reprise de la demande mondiale, en particulier celle émanant de « nos partenaires européens, [qui] devrait continuer de soutenir l’activité de nos entreprises ». Hors eurozone, les prévisions tablent sur une croissance de 4,1 % pour la Pologne et de 2% pour le Royaume-Uni.
Rééquilibrage
Selon les prévisions, les exportations devraient continuer à soutenir la reprise. Et un rééquilibrage de la croissance vers la demande intérieure est attendu cette année.
Dans ce secteur, les prévisions sont bonnes pour l’investissement privé (équipement). Modérée en 2010, la consommation des ménages est censée se stabiliser en 2011 grâce notamment à la baisse régulière du taux d’épargne, la reprise de l’activité de prêt et la stabilisation en cours sur le marché du travail.
Les dépenses de consommation devraient être compensées « dans une certaine mesure » par la hausse de l’inflation.
Inflation revue à la hausse
Calculée sur la base de l’Indice des Prix à la consommation harmonisé (IPCH), l’augmentation des prix des matières premières et de l’énergie de ces derniers mois a généré une hausse de l’inflation globale.
En conséquence, les estimations des chiffres de l’inflation sont revues à la hausse, pour l’année en cours. Elle est désormais estimée à 2,5 % pour l’UE et à 2,2 % pour la zone euro.
A la fin de l’année 2011, l’IPCH table sur un chiffre de 2% dans les deux régions, du fait de la stagnation persistante de l’économie, de la faible croissance des salaires et de la crédibilité des prévisions globales d’inflation.
Les risques qui pèsent sur l’inflation sont accentués, dans une certaine mesure, par l’évolution politique actuelle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.