L'UE se dirige-t-elle vers une "guerre de la chaussure" avec la Chine? [FR]
Le conflit entre l'Union européenne et la Chine à propos des droits de douanes sur les importations de chaussures a refait surface hier, la Chine ayant refusé la proposition de la Commission visant à mettre fin à une procédure anti-dumping concernant les chaussures.
Le conflit entre l’Union européenne et la Chine à propos des droits de douanes sur les importations de chaussures a refait surface hier, la Chine ayant refusé la proposition de la Commission visant à mettre fin à une procédure anti-dumping concernant les chaussures.
Après avoir imposé des taxes antidumping sur les chaussures chinoises et vietnamiennes en avril 2006 afin d’en réduire les importations (voir EURACTIV 24 mars 2006), la Commission propose maintenant un nouveau plan dans lequel les droits de douanes seraient diminués mais seulement pour un nombre limité d’importations.
Les taxes antidumping initiales (de respectivement 19,4% et 16,8% pour toutes les chaussures en Chine et au Vietnam, sauf les chaussures pour enfants) ont été mises en place pour une période de 6 mois après des études selon lesquelles les deux pays asiatiques exporteraient des chaussures à des prix inférieurs aux prix coûtants.
Selon des sources au sein de l’UE, le nouveau système permettrait l’importation de 140 millions de paires de chaussures chinoises et de 80 millions d’autres en provenance du Vietman sans taxe anti-dumping et avec un droit de douane de 12%. Une fois cette quantité dépassée, des droits de douane 23% pour la Chine et de 29,5% pour le Vietnam seraient appliqués. Cependant, selon le porte-parole du commissaire Mandelson, il n’y aura pas de ‘plafonnement sur la quantité de chaussures importées ».
Ce plan a pour objectif d’aider les producteurs européens à lutter contre les importations à faible coût en provenance de Chine et du Vietnam. Cependant, le Commissaire Mandelson s’efforcera également d’éviter une nouvelle crise comme celle de l’été dernier, lorsque des millions de vêtements sont restés bloqués aux frontières de l’UE en raison du dépassement des quotas fixés en juin 2005 (voir EURACTIV, 24 août 2005 ).
Pekin a rejeté la proposition d’un système de quota en la jugeant contraire aux règles de l’Organisation mondiale du commerce. « La seule décision raisonnable que doit prendre l’UE, c’est la suppression des taxes anti-dumping », selon Mei Xinyu, chercheur de l’Académie chinoise pour le commerce international et la coopération économique, un think tank du ministère du commerce. Les autorités chinoises n’ont pas exclu de soumettre l’affaire à l’organe de réglement des conflits (ORD) de l’OMC.
Les importateurs et les détaillants européens s’opposent à ces mesures, soulignant qu’elles imposeraient, pour la première fois, une surtaxe sur les chaussures pour enfants dont les premières victimes seraient les foyers aux revenus modestes.